C'est à vous couper le souffle quand vous réalisez ce que cela
signifie! Voici une prière tout à fait contraire au genre de prière
que nous avons l'habitude de faire!
Au lieu de leur attitude habituelle qui consiste à demander à Dieu de
leur donner quelque chose, l'apôtre Jean surprend les disciples à
prier le Seigneur de recevoir Lui-même quelque chose. On ne serait pas
plus étonné de voir l'eau remonter un cours d'eau ou une chute que de
voir formuler une telle prière « inversée » venant de personnes
ordinaires comme vous et moi : « Pendant ce temps, les disciples le
pressaient de manger, disant : Rabbi, mange. »
(
Jean 4:31 ).
Presque toutes les prières que le Seigneur reçoit à Son centre de
communications sont l'opposé : « Maître, donne-nous quelque chose à
manger. » Dieu est considéré comme le Père Noël de l'humanité, et on
espère que ce sera Noël tous les jours. « Merci, Seigneur pour ce que
Tu m'as donné hier. Maintenant, pour aujourd'hui, j'ai besoin de ceci
et de cela. Et merci encore de penser à moi. Amen! »
Quand nous apprenons à élargir nos horizons et à prier pour quelqu'un
d'autre, Dieu doit être content. Heureusement, il arrive que de telles
prières soient aussi offertes, des prières pour qu'une personne soit
guérie ou pour que quelqu'un ait à manger ou encore pour le monde
entier. Le Seigneur Jésus nous a enseigné à prier pour les autres et
ces prières sont bonnes; ceux qui prient pour les autres grandissent
spirituellement. Un enfant fait d'énormes progrès quand il arrive à
demander un jouet pour son frère, sa soeur ou pour un autre enfant du
voisinage.
Mais trop souvent, même quand nous demandons quelque chose pour nos
semblables, nous ne quittons pas notre cercle égoïste. Si notre prière
n'est pas centrée sur le moi, elle est à tout le moins centrée sur
nous, et chacun de nous sait que son tour viendra. Nous, êtres
humains, comme nos animaux domestiques à l'heure du repas, sentons
notre dépendance du Maître de la maison. À l'heure de la prière, nous
nous alignons ensemble le long de la clôture, le regard tourné vers la
grande maison, attendant une autre distribution. Il est heureux pour
nous que le Seigneur soit à l'autre bout de la ligne, plein de grâce
et heureux de nous donner notre pain quotidien.
Mais si nous ne demandons pas au Seigneur quelque chose pour
nous-mêmes et pour les autres, quel pourrait bien être le sujet de
notre prière? La prière « inversée » des disciples vient nous ouvrir
un tout nouvel horizon :
Le Maître entend rarement une prière de ce genre, une prière en marche
arrière : « Maître, Toi, mange, parce que nous sentons que Tu as faim.
Tu as fait un long et pénible voyage aujourd'hui, il fait chaud et
c'est poussiéreux. Regarde, nous sommes allés dans les magasins en
ville et nous avons acheté du pain, du beurre, du lait, des raisins,
des figues, des amandes un festin savoureux. Maître, nous avons pensé
à Toi, et nous comprenons maintenant ce que Tu ressens. Nous savons
qu'il est pénible d'être fatigué et affamé. Maître, Toi, mange! »
Rare est l'enfant qui pense à donner quelque chose à ses bienfaiteurs.
Il peut donner crédit au Père Noël pour ses cadeaux, mais il trouve
difficile de penser en fonction des désirs du Père Noël. Ce gros et
joyeux Père Noël avec sa fabrique de jouets au Pôle Nord, comment
pourrait-il avoir besoin de jouets ou de nourriture? Et de quoi
d'autre pourrait-il avoir besoin?
Il est presque aussi difficile pour nous d'imaginer que le Seigneur
Jésus est dans le besoin. Puisqu'Il est infiniment riche, qui d'entre
nous pourrait Lui donner quoi que ce soit dont Il ait besoin, à moins
que nous ne pensions à la manière des enfants qui, la veille de Noël,
laissent au Père Noël un sandwich et un soda sur le rebord de la
cheminée? Nous donnons nos petites dîmes et offrandes, mais qui peut
imaginer sérieusement que ces bagatelles enrichissent le Seigneur?
Nous nous attendons peut-être à un bref sourire d'approbation, après
quoi Il poursuivra Son oeuvre infinie, omnisciente et omnipotente,
avec des multitudes d'anges planant autour de Lui comme des
secrétaires et des aides, attendant Son signal. Même Crésus n'aurait
pas pu ajouter le poids d'une plume au trésor de Dieu!
Mais voilà le Fils de Dieu assis au puits de Jacob dans une pauvreté
bien humaine. Il ne fait pas semblant; Il a réellement soif. Doit-Il
endurer la soif? Peut-Il réellement Se sentir assoiffé comme nous? Si
c'est le cas, pourquoi ne transformerait-Il pas d'un simple toucher le
vieux puits en une source d'eau rafraîchissante? S'Il a vraiment faim,
pourquoi n'ordonne t-Il pas à une pierre de se transformer en miche de
pain dorée fraîchement sortie du four? Il possède le pouvoir de le
faire.
On raconte qu'avant la venue du modèle A, Henry Ford donna rendez-vous
à quelques riches amis pour une excursion à la campagne en voiture.
L'un des hommes les plus riches du monde, Ford aurait pu appeler des
chauffeurs pour conduire une caravane de ses limousines Lincoln. Au
lieu de cela, pour une raison bizarre, Henry Ford prit un Modèle
T.
Comme cela arrivait souvent avec les automobiles de ses clients, la
petite machine contrariante tomba en panne sur la route. N'étant pas
outillé pour la réparer lui-même, le célèbre fabricant d'automobiles
se trouva forcé de s'en remettre aux services d'un mécanicien de
village. Déterminé à ne pas capituler devant ses invités qui
s'amusaient bien de ce contretemps, le vieil Henry résista à la
tentation d'appeler son usine pour leur demander d'envoyer quelques
Lincoln sedans pour « rescaper » le groupe. Il affronta la panne comme
n'importe quel automobiliste l'aurait fait et attendit que le
mécanicien ait réparé sa voiture.
Ses invités s'amusèrent du spectacle aux dépens du plus fameux
constructeur automobile qui cherchait pour sa part à passer incognito
devant le mécanicien inconscient de ce qui se passait. « Facturez-lui
le total, lança l'un des passagers, il est riche! »
« Alors pourquoi ne conduit-il pas une bonne voiture? » demanda le
garagiste étonné.
IL AURAIT PU FAIRE APPEL
AUX ANGES
Alors qu'Il avait faim et soif, Jésus aurait pu à n'importe quel
moment appeler une légion d'anges à Sa rescousse. Quand, quelques
années plus tard, la foule brandissant des épées et des bâtons Le
poussa jusqu'à la maison de Caïphe, Il dit à Ses disciples concernant
la mission de secours prête à intervenir au premier signal vers le
ciel : « Ne savez-vous pas que je pourrais invoquer mon Père, qui me
donnerait à l'instant plus de douze légions d'anges? »
(
Matthieu 26.53).
N'est-ce pas une bonne chose que nous ne soyons pas capables
de céder à une telle tentation? Nous tiendrions les anges occupés à
nous tirer de toutes sortes de situations difficiles de la même
manière que l'imagination populaire concevait jadis les fées comme
opérant des missions impossibles en faveur de personnes
privilégiées.
On peut se demander si les anges étaient contents de voir le Créateur
du monde, assis là, près du puits de Samarie, attendant que quelqu'un
vienne et Lui offre à boire. Le Maître du ciel et de la terre doit-Il
être assis là, en plein soleil, aussi impuissant qu'un autre
voyageur?
Oui, Il le doit. Les règles du conflit avec Satan exigent qu'Il mette
de côté Ses avantages divins. Il a choisi de ne rien faire de
surnaturel pour S'aider Lui-même, même s'Il devait en mourir de faim.
Il refuse d'appeler le « quartier général » et de demander une
caravane de limousines angéliques pour Le secourir. Il doit faire face
aux problèmes de la vie de la même façon que nous devons le faire. Le
Père L'a confié à l'hospitalité de la race humaine, et si elle Le
laisse tomber, Il doit périr comme n'importe quel autre homme. Quand
finalement les hommes Le crucifieront, Il mourra sur place.
CHRIST EST DEVENU
L'UN DE NOUS
L'infini Fils de Dieu S'est livré Lui-même afin d'être limité par
notre incapacité. Quel risque le Père a-t-Il pris quand Il a envoyé
Son Fils être l'invité de l'humanité pécheresse! A-t-Il commis une
erreur?
Heureusement non. Nos disciples héros et d'autres personnes prirent
bien soin de Lui et L'ont même pressé de manger. Il semble également
que la femme samaritaine ait joué le même rôle. Pouvez-vous imaginer
comment elle devait se sentir plus tard quand Jésus fut reçu dans son
village?
« Tiens, Maître, je me rappelle cette eau que tu m'avais demandée,
j'ai oublié de Te la donner! Peux-Tu me pardonner? Et à propos du
déjeuner, as-Tu pris quelque chose aujourd'hui? Je vais Te préparer un
dîner convenable tout de suite! »
N'est-ce pas ainsi que toute femme ayant du coeur aurait réagi?
Ce n'est pas seulement une fois, mais probablement plusieurs fois que
les disciples ont adressé à Jésus cette prière inversée : « Maître,
Toi, mange. Prends un peu de repos, va dormir. Nous allons veiller et
finir la vaisselle ou faire la lessive. Prends des vacances. Va
t'acheter les vêtements dont Tu as besoin. » Il est probable qu'en
vivant avec Lui pendant trois ans et demi, ils aient trouvé plusieurs
occasions de penser à Ses besoins. Nous relevons pareilles occasions
lorsque des dîners étaient servis en Son honneur dans les maisons où
Il était accueilli en tant qu'invité. N'importe qui, animé de simple
compassion humaine, qui Le rencontrait sur les sentiers de ce monde,
trouverait bien vite l'occasion de Lui adresser une prière
inversée!
Mais maintenant, nous ne sommes pas vraiment préoccupés par des
histoires anciennes. Allons à Sa rencontre et voyons-Le tel qu'Il est
aujourd'hui. Alors nos prières enfantines et égocentriques paraîtront
périmées.
DIEU A FOI EN NOUS
La prière inversée, « Maître, Toi, mange », nous donne un aperçu de
bien d'autres prières encore plus étonnantes qui doivent provenir des
coeurs humains. Quand je dis que le Père a confié Son Fils à
l'hospitalité de la race humaine, je suis sérieux. Cela signifie que
le Père en est venu à croire que notre nature humaine déchue
échapperait au piège de l'égocentrisme et répondrait aux besoins de
Son Fils.
C'est ce qui est derrière cette prière inversée des disciples.
D'abord, envoyer Son Fils sur cette terre présupposait de la part de
Dieu « une foi inversée ». Nous considérons habituellement que la foi
est la part que l'homme doit avoir et utiliser. C'est nous qui avons
foi en Dieu car Il est Celui en qui nous pouvons nous confier. (Nous
avons aussi foi, dans une certaine mesure, l'un dans l'autre.) Mais
quelle pensée stupéfiante de réaliser que Dieu a foi en l'homme, sans
quoi Il ne nous aurait jamais envoyé Son Fils. Cette foi de Dieu en
l'homme a d'abord pris place avant la fondation du monde, quand le
Père et le Fils se sont mis d'accord de pourvoir à un sacrifice infini
en faveur de l'homme s'il venait à tomber.
Quand Jean dit : « Nous l'aimons parce qu'Il nous a aimés le premier »
(
1 Jean 4.19)
, il aurait aussi pu ajouter : « Nous croyons en Lui
parce qu'Il a cru en nous le premier. » Paul développe la même idée
quand il dit : « Eh quoi! si quelques-uns n'ont pas cru, leur
incrédulité (littéralement, leur non-foi) anéantira-t-elle la foi de
Dieu? »
(
Romains 3.3)
Il y a dans le grec un magnifique jeu de mots :
« La non-foi de l'homme annulera-t-elle la foi de Dieu? »
Qui d'entre nous peut avoir suffisamment confiance en un voleur
repenti pour placer entre ses mains toute sa fortune et s'attendre à
ce qu'il la lui garde? Notre confiance dans la nature humaine
irait-t-elle aussi loin? Si vous vouliez évangéliser une bande de
ravisseurs notoires, pourriez-vous placer assez de confiance en eux
pour leur confier votre nouveau-né alors que vous allez partir pour un
long voyage outre-mer? C'est pourtant ce que Dieu a fait!
Regardez ce Bébé dans l'étable de Bethléhem : à cette heure, la
plupart des gens de la ville dormaient, ne se souciant même pas de Sa
survie. C'est un chemin difficile pour n'importe quel bébé de faire
son entrée dans la vie. Mais quelques personnes en prirent soin et
prouvèrent que Dieu n'a pas commis d'erreur en confiant Son précieux
Fils à l'hospitalité humaine. Bien que les humains L'aient finalement
rejeté et crucifié, il y eut tout au long de Sa vie, des personnes
dont la bienveillance déborda d'intérêt pour les besoins du Fils de
Dieu. C'est une belle vision de Le voir ainsi bercé en tant que bébé
dans les bras d'une mère tendre et aimante et de voir des amis
affectueux s'attarder auprès de Lui tous les jours de Sa vie
terrestre, même jusqu'à la fin.
NOS PRIÈRES SONT-ELLES
CENTRÉES SUR CHRIST?
« Bien, direz-vous, qu'en est-il de nous aujourd'hui? » Insinuez-vous
que nous pouvons nous aussi vaincre le complexe des animaux familiers
à l'heure du repas? Pouvons-nous réellement concevoir une prière qui
soit centrée sur Christ au lieu de l'être sur nous-mêmes?
Je ne peux pas savoir ce qu'il y a dans votre coeur sinon en regardant
le mien. Si je suis aujourd'hui loin du but, éliminez-moi comme étant
le pire pécheur que vous ayez vu écrire et cherchez un autre livre à
lire. Mais je dois rester fidèle à la vérité et avouer que la plupart
de mes prières ont été centrées sur ma propre personne. Ce qui m'a
fait continuer dans la vie chrétienne a habituellement été le souci de
mon propre salut. Ce qui m'a poussé à garder le Sabbat, à payer ma
dîme et à refuser les plaisirs mondains, a été principalement mon
besoin désespéré de sécurité éternelle. J'ai été celui qui avait faim.
Mon âme a été trop petite pour se croire ou se sentir assez grande
pour prier « Maître, Toi, mange! » Jour après jour, ma prière a plutôt
été : « Maître, j'ai faim! »
Peut-être commencez-vous à supposer que vous et moi avons quelque
chose en commun. Je peux même supposer que je parle à un pécheur comme
moi. Dans ce cas, avouons que notre motif de suivre Christ est de
sauver notre propre peau, de trouver la sécurité, d'obtenir une
récompense ou d'échapper à la punition; mais cela ne suffit pas pour
résister à la vraie tentation lorsqu'elle se présente. Un tel motif
s'écroulera même s'il peut nous avoir permis de rester dans l'Église
pendant quelques années, même si nos amis ont dit de nous : « Si
quelqu'un doit aller au ciel, ce sera bien lui. »
Mais nous avons oublié un fait stratégique : celui qui professe Christ
en étant animé d'un tel motif trouvera tôt ou tard que le prix plafond
est atteint. Bien que quelques-uns puissent encore tenir, s'attendant
à être vendu à l'enchère à un prix plus élevé, l'Adversaire sait
comment nous placer dans une situation où la mise atteindra notre
valeur.
Pour certains, ce prix de vente peut être pitoyablement bas : les
simples tentations de la vie quotidienne. Pour d'autres ce peut être
la fascination de l'argent, le doux confort du luxe ou le sentiment de
prestige. Pour d'autres encore, ce peut-être le sexe illicite.
L'anticipation du moment brouille le signal de l'émission céleste et
la pensée de la récompense attendue dans le ciel ou du châtiment
redouté de l'enfer faiblit. Si les deux signaux sont sur la même
longueur d'onde que le charme du moi, est-il étonnant que la
convoitise étouffe l'autre? Les deux « visent directement » le plexus
égocentrique. Dans le domaine de la tentation, une foi religieuse
centrée sur le moi est aussi solide qu'un château de sable battu par
les vagues déchaînées de l'océan.
Une telle « foi » a toujours été inutile. Mais les épreuves du passé
n'étaient pas assez sévères pour la démasquer. L'un des auteurs du
Nouveau Testament a inventé une expression brillante pour décrire la
futilité d'une telle « foi égocentrique » : Il l'a appelée « être sous
la Loi ». Si Paul avait été un caricaturiste, il aurait pu représenter
le chrétien égocentrique, motivé par la peur d'être perdu et le désir
de la récompense, comme quelqu'un d'attaché sous un énorme rocher
appelé « la loi ». Une autre manière d'exprimer la chose est de dire
qu'il est sous « l'ancienne alliance ». Des millions de chrétiens
aimables et sincères ont aujourd'hui besoin de s'arracher à leur
position « sous la Loi ». Servir Dieu par crainte des flammes de
l'enfer ou en espérant une récompense est un mode de vie futile. C'est
ridicule mais si tragique que nous ne pouvons même pas en rire (bien
que Satan se moque sans doute de nous, sachant que, de cette manière,
nous finirons par passer dans son camp).
LA « FOI » ÉGOÏSTE
NE PEUT PAS SUBSISTER
En ces temps de la fin, toute « foi égoïste » sera amenée à vivre une
épreuve renversante. Pour beaucoup, à moins qu'ils ne voient la vérité
maintenant, cela signifiera l'ultime défaite. Pour notre jugement
superficiel, la foi égocentrique a pu être « suffisamment bonne » pour
nos ancêtres, comme nous le chantons dans cet hymne : « Donnez-moi
cette religion d'autrefois, c'est suffisamment bon pour moi. » Mais
elle ne pourra jamais endurer l'épreuve de la crise finale à moins
qu'elle ne soit purifiée des scories de l'égocentrisme.
Cette épreuve dont le livre de l'Apocalypse dit qu'elle viendra pour
tous ceux qui vivent sur la terre, sondera chaque âme humaine pour
découvrir sa faiblesse cachée. (Un test sévère appelé « la marque de
la Bête » est mentionné dans
Apocalypse 13.16-18.) Des millions de
personnes qui seraient aujourd'hui révoltées devant la suggestion de
vendre leur âme au diabolique ennemi de Christ n'ont aucune idée de ce
qu'elles feraient si les enchères s'élevaient jusqu'à un certain
niveau. L'épreuve produira une crainte angoissante sans précédent dans
l'histoire humaine. L'anxiété d'un million de nuits blanches
d'inquiétude sera distillée dans cette tentative finale de Satan de
vaincre les disciples de Dieu par la crainte. Cette séduction ultime
de l'attrait de la sécurité couvrira toute la gamme des tentations
humaines. À l'instar de Pierre, nous serons tentés de renier Christ.
Que nous vendions maintenant notre âme à Satan au faible prix d'une
tentation sensuelle ou que nous tenions un peu plus longtemps pour
finalement céder devant l'enchère la plus élevée de la tentation
suprême et parfaite ne fera à la fin aucune différence. À moins que
nous ne trouvions la délivrance, tous ceux qui se satisfont de
demeurer « sous la Loi » finiront par renier et trahir Christ.
Quelqu'un peut dire : « Je me sens plutôt perdu maintenant! J'admets
que je suis centré sur moi-même et que mes prières tournent autour de
ma personne et de mon petit cercle. Je ne peux pas nier faire partie
de cette religion surtout pour ce que j'espère en tirer. Mais qu'y
a-t-il d'autre à faire pour moi? »
NOUS AVONS BESOIN DE VOIR
Premièrement, avant de parler de faire quoi que ce soit, il y a
quelque chose que nous devons voir. Et après l'avoir vu, aussi
sûrement que nos coeurs sont honnêtes, tout ce problème pathétique
d'une vie centrée sur le moi se transformera en croyant en ce que nous
avons vu.
Qu'est-ce qui doit être vu?
Le Fils de Dieu crucifié sur la croix!
Mais comment peut-on voir cela?
Aucun film ne peut le présenter. S'il y avait eu une équipe de
tournage présente à la Croix, filmant la scène entière exactement
comme cela s'est passé, même un film couleur ne pourrait nous
permettre de le « voir ». La plupart d'entre nous aurions
nonchalamment mangé notre maïs soufflé pendant le film, et quand il
aurait été fini, nous aurions tout bonnement changé de chaîne. En
fait, les personnes qui ont vu ce qui s'est passé au Calvaire n'ont
pas été converties simplement en regardant.
Si le fait de voir l'événement physique était nécessaire à notre
conversion, nous aurions une excuse pour nous plaindre devant Dieu de
ne pas nous avoir montré un film sur la scène de la crucifixion ou
rejoué la scène pour que chacun d'entre nous la regarde. Pourquoi
n'a-t-Il pas gardé un film pour nous, prêt à le mettre au menu des
émissions de télévision quand cette dernière serait inventée?
Voir Christ crucifié est quelque chose d'infiniment plus grand que ce
que n'importe quelle équipe de tournage pourrait capter. Même si les
onze disciples ont vu ce qui s'est passé de leurs propres yeux, c'est
un homme qui n'était pas présent qui l'a le mieux saisi. Il a mieux
vu. Laissons ses yeux être les nôtres : « Parce que nous estimons que
si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts; et qu'Il est mort
pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes,
mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour eux »
(
2 Corinthiens 5.14-15 ).
UNE « ÉQUATION »
À FAIRE TREMBLER LE MONDE
Cet homme a vu quelque chose de plus révolutionnaire que le fameux
e=mc2 d'Einstein ou sa théorie de la relativité. De la petite équation
innocente du scientifique sortit la puissance de la fission nucléaire.
Mais de la simple équation de Paul est sortie une plus grande
puissance encore, une force morale qui bouleversa le monde de
l'Antiquité et le fera aussi pour votre vie. En fait, à moins que vous
ne vouliez que quelque chose de semblable ne vous arrive, vous feriez
mieux de ne pas poursuivre plus loin votre lecture.
L'équation semble désarmante par sa simplicité : « Si un seul est mort
pour tous »; cela revient à dire que s'Il n'était pas mort pour tous,
tous maintenant seraient morts. En d'autres termes, « Un seul est mort
pour tous » équivaut à dire « nous méritons tous la mort ». La vie que
nous vivons ne nous appartient pas. Avec une perception supérieure aux
rayons X, Paul nous a vus, vous et moi, crucifiés quand il a vu Christ
crucifié .
Les implications deviennent stupéfiantes. Est impliqué dans cette «
équation » le fait qu'il n'y a rien que nous pouvons affirmer nous
appartenir en propre. Ce que Paul dit, c'est que si Christ n'était pas
mort pour nous, nous serions en ce moment dans notre tombe. Un peu de
réflexion montrera que ce n'est pas un sentimentalisme pieux, mais un
fait effrayant!
Revenons 2 000 ans en arrière. Considérons la corruption qui dégradait
le monde à cette époque. Nous pensons que la situation est bien pire
aujourd'hui, mais le désespoir et la dépravation de l'ancien monde
étaient en voie de faire rapidement sombrer l'humanité dans un abîme
de souillure morale qui aurait détruit la vie humaine telle que nous
la connaissons si cette tendance n'avait été freinée. L'analyse
inspirée de l'influence de la Rome païenne sur le monde admet qu'elle
aurait « dévoré toute la terre, l'aurait foulée et mise en pièces »
(
Daniel 7.23).
Christ a réellement fait quelque chose pour sauver
l'ancien monde de la destruction. Ses principes commencèrent à agir
tout doucement dans l'Empire romain pour y rétablir la santé mentale
et la maîtrise de soi. Même si Sa jeune église fut amèrement
persécutée, les forces de guérison qu'Il introduisit commencèrent à
imprégner la société. Vraiment Christ « a mis en évidence la vie et
l'immortalité par l'Évangile »
(
2 Timothée 1.10
). C'est ce que le Calvaire signifie réellement.
QU'EST-CE QUI EST
RÉELLEMENT À VOUS?
Pensez à votre propre vie maintenant. Soyez honnêtes et assez lucides
pour retracer la source de chaque bonne chose dans votre vie. Le fils
d'un millionnaire hérite d'une fortune, mais il a assez de bon sens
pour reconnaître qu'il en a hérité plutôt que de l'avoir gagnée. Mais
supposons que l'intelligence et l'habileté d'un homme lui aient permis
de faire fortune, n'a-t-il pas aussi hérité de cette aptitude?
Finalement, il y a peu de différence entre hériter d'une fortune toute
faite et hériter de l'habileté et de circonstances qui permettent
d'amasser une fortune. L'Évangile dit simplement dans les deux cas :
la fortune n'est pas vraiment la vôtre. Si Christ n'était pas mort
pour vous, tout ce qui serait vraiment à vous, ce serait la tombe.
C'est prodigieux! Quand je parle de ma personne, je m'approprie
involontairement ce qui est Sa propriété. Ce corps que j'appelle «
mien », ce cerveau que « j'ai », « ma » personnalité, rien ne
m'appartient vraiment.
Prenons l'exemple de mon éducation ou de mon caractère. À première
vue, je pourrais supposer que c'est là une chose que personne ne peut
m'enlever et qui m'appartient donc vraiment. N'ai-je pas travaillé
pour l'acquérir? Mais une fois encore, je me trompe. J'ai « appris »
tout ceci grâce à mon entourage et mon entourage a été enrichi par la
présence de Christ oeuvrant à travers tous ces instruments pour bénir
mon esprit et mon âme, à partir des influences prénatales de mon
héritage génétique jusqu'à mon éducation au foyer, l'influence de la
société, l'école, et tout autre aspect de la vie humaine. Le
Saint-Esprit est ici-bas et produit une tension et un conflit
constants avec les influences du mal. Chacun moyen employé pour bénir
notre vie nous a été acquis par la croix de Christ.
Puisqu'il en est ainsi, ayant vu une fois « l'équation » de la croix,
comment puis-je considérer comme mien quoi que ce soit qui me passe
entre les mains? Suis-je vraiment autorisé à avoir plus que ce qu'un
cadavre peut saisir?
On nous a enseigné qu'un dixième de ce que nous gagnons appartient à
Dieu et que les autres neuf dixièmes nous appartiennent pour en faire
ce que nous voulons. « L'équation » clarifie cette façon de penser
confuse. La dîme est un gage montrant que tout ce que je possède
appartient à Christ et que Son amour seul dictera l'emploi des neuf
dixièmes que j'ai, par ignorance, prétendu être à moi.
QUE MÉRITONS-NOUS?
Une autre idée naïve que j'ai chérie s'effondre : « Je mérite du bon
temps. » « Il y a plus de plaisir à marcher avec Christ que ce que nos
pauvres petits coeurs peuvent en contenir. » Mais le « bon temps »
identifié au plaisir égoïste n'est rien d'autre au fond que de
l'amertume. Beaucoup de bonnes gens sincères ne peuvent encore faire
la différence. Même ceux qui ont été élevés dans des familles
chrétiennes ne peuvent discerner la distinction qu'à la lumière de la
croix.
Si « un seul est mort pour tous », alors « ceux qui vivent ne doivent
plus désormais vivre pour eux-mêmes mais pour Celui qui est mort pour
eux ». Dans ce sens, c'est pure fantaisie pour quelqu'un d'imaginer
qu'il mérite quelque plaisir égoïste. Le charme ensorceleur de cette
fantaisie peut-il être brisé?
Oui, si le mot « doivent » utilisé par Paul n'est pas mal compris
quand il dit « qu'ils ne doivent plus... vivre pour eux-mêmes ». Il
n'y a pas ici d'obligation pénible, difficile, éreintante de faire
quelque chose de déplaisant et de fatigant. « Un Seul est mort pour
tous, de sorte que ceux qui vivent » ne vivront pas, ne pourront plus
« vivre pour eux-mêmes ». La Croix a condamné à l'annihilation
l'égoïsme à la base de notre problème et a ainsi brisé son charme sur
nous. Un signal plus puissant passe maintenant par l'antenne, et le
petit signal du « moi » est éclipsé.
Ce que dit en réalité l'apôtre dans son grand discernement est que
vous trouverez impossible de continuer à vivre une vie centrée sur le
moi après avoir « vu » la croix. Quiconque a compris « l'équation » ne
peut tout simplement plus rester un chrétien tiède, un homme à moitié
chrétien.
LA PUISSANCE DE LA CROIX
Suivre Notre Seigneur n'est donc plus se « forcer » à faire ce qui est
bien, en nous mortifiant, en nous poussant contre notre volonté à
faire ce que nous n'avons pas envie de faire dans le but d'aller au
ciel ou d'éviter d'être perdu. L'équation de la croix vient avec sa
propre source de puissance : « L'amour de Christ nous contraint
[motive]. »
(
2 Corinthiens 5.14 )
Toute personne ayant vu Christ crucifié, et croyant en ce qu'elle a
vu, ne peut encore être tourmentée par de vagues sentiments de
remords, ni par la haine de soi après avoir fait ce qu'elle sait ne
pas devoir faire. Le sentiment persistant du « tu dois » qui comme un
lourd nuage noir encercle l'âme, est dissipé. Bien que je puisse avoir
tort de dire qu'il devient facile de faire le bien (suivre Christ ne
nous mène jamais vers le bas), il est vrai que l'amour de Christ que
l'on voit et auquel on croit est une centrale électrique qui nous
propulse sur le sentier qui monte vers le ciel. Les obstacles de la
tentation s'aplanissent devant la puissance de cette nouvelle «
contrainte ». Les décisions qui ont été horriblement difficiles pour
nous deviennent simples quand on se souvient de l'équation de Paul :
Un seul est mort pour moi, autrement je ne serais pas ici en ce
moment. Comment cette vie peut-elle être la mienne? L'amour du Christ
m'a acheté. Comment puis-je refuser de me donner à Lui?
La période de 2 000 ans qui s'est écoulée depuis l'époque de Paul ne
modifie en rien la puissance de « l'équation ». Aucun des attraits
séduisants que l'on rencontre aujourd'hui ne peut tenir de quelque
manière que ce soit devant cette puissance. Même si le diable avait un
autre mille ans devant lui pour inventer d'autres tentations encore
plus subtiles dans le but de nous prendre au piège, cette simple
vérité que nous « voyons » au Calvaire les annulerait toutes parce
qu'elle court-circuite notre égocentrisme.
C'est ainsi que la croix change notre point de vue. En fait, la vision
commence à peine à prendre forme lorsque notre complexe égocentrique
est vaincu. Nous pouvons commencer à regarder les choses avec le
regard de Christ. Nous sommes en mesure de percevoir quelque chose
d'impossible à voir autrement. C'est cela!
Jésus a aujourd'hui un besoin plus grand que jamais depuis que le Père
nous L'a confié. Il est encore affamé et la faim qu'Il ressent est cet
amour insatisfait, sans réponse d'un jeune marié attendant de son
épouse qu'elle lui donne tout son amour, en toute sincérité. Nous
devenons capables de sentir que c'est Lui qui mérite une récompense,
pas nous! Il mérite une réponse du coeur humain au « travail de son
âme », une réponse qui ne Lui a pas encore été donnée.
UNE SIMPLE HISTOIRE D'AMOUR
Ce qui a déconcerté les théologiens pendant des siècles est maintenant
réduit aux simples faits d'une touchante histoire d'amour. Si vous
pouvez suffisamment apprécier une histoire d'amour pour vous «
identifier » avec les espoirs déçus d'un véritable fiancé, vous avez
un rôle à jouer dans la plus grande histoire d'amour de tous les
temps. À quel point un homme peut-il aimer une femme? Christ a aimé
l'Église « un million de fois plus profondément ». Peut-être
n'avez-vous jamais pensé à cela, mais la Parole dit : « Les deux
seront une seule chair. » Et l'apôtre ajoute immédiatement, de peur
que nous ne nous méprenions : « C'est un grand mystère : mais je parle
de Christ et de l'Église »
(
Éphésiens 5.25, 31, 32 ).
Vous pouvez demander : « Où suis-je dans tout ceci? » Si vous croyez
en Christ, vous faites partie de « l'Épouse ». À moins que Christ ne
doive rester sur « Sa faim » pour toujours, le temps viendra où l'on
pourra dire : « Les noces de l'Agneau sont venues et son épouse s'est
préparée. »
(
Apocalypse 19.7 )
L'un de mes amis faisait les cent pas sur le quai de la gare de
Knoxville au Tennessee, attendant l'arrivée de sa fiancée Leta, du
Michigan. Leur mariage devait avoir lieu dans la soirée. Le futur
époux était si impatient qu'il arriva deux heures avant l'entrée en
gare du train.
Quand enfin le train s'arrêta, Edward attendit avec anxiété jusqu'à ce
que les derniers passagers soient descendus. Mais Leta n'était pas
parmi eux.
Dans son dessein machiavélique, elle était demeurée cachée dans le
train et vit le douloureux regard de détresse sur le visage de son
fiancé tel un nuage noir en un matin printanier.
Elle ne put le supporter plus longtemps. Se précipitant dehors, elle
se jeta dans ses bras.
Par respect pour Sa future épouse, Christ endure un désappointement
indescriptible devant notre indifférence humaine. Pourquoi nous
cachons-nous de Lui, Lui causant tristesse et désappointement? En
sera-t-il toujours ainsi? Où est cette réponse sincère digne de Son
amour?
Ne serait-ce pas la suprême cruauté de notre part que de continuer à
Le tenir à distance, Le faisant attendre, insatisfait et divinement
affamé?
Que pouvons-nous Lui dire? Avons-nous une parole d'appréciation à Lui
adresser?
« Maître, ...! »