Vivre par la foi
Le Juste vivra par la foi...
(Romains 1.17;
Habakuk 2.4).
Cette affirmation résume ce que dit l'apôtre à propos de l'Évangile.
L'Évangile est la puissance de Dieu pour le salut, mais seulement pour
« quiconque croit en lui ». La justice de Dieu est révélée dans
l'Évangile. La justice de Dieu est la loi parfaite, qui n'est rien
d'autre que la transcription de Sa propre volonté. Toute injustice est
péché ou transgression de la loi. L'Évangile est le remède de Dieu
pour le péché. C'est pourquoi sa tâche doit consister à amener les
hommes en harmonie avec la loi, c'est-à-dire que les effets de cette
loi juste se manifestent dans leur vie. Mais c'est entièrement une
oeuvre de foi, la justice de Dieu est révélée de « foi à foi », foi au
début et foi à la fin, comme il est écrit : Le juste vivra par la
foi...
Il en a été ainsi à travers toutes les époques, depuis la chute de
l'homme, et il en sera ainsi jusqu'à ce que les saints de Dieu portent
Son nom écrit sur leur front et Le voient tel qu'Il est. L'apôtre a
pris cette citation du prophète
Habakuk 2.4. Si les prophètes ne
l'avaient pas révélée, les premiers chrétiens ne l'auraient pas su car
ils n'avaient que l'Ancien Testament. Dire que dans les temps anciens
les hommes n'avaient qu'une idée imparfaite de la foi, équivaut à dire
qu'il n'y avait aucun homme juste en ces temps-là. Mais Paul remonte
au tout début de l'humanité et cite un exemple de foi salvatrice :
« Par la foi Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que celui de
Caïn; c'est par elle qu'il fut déclaré juste, Dieu approuvant ses
offrandes et c'est par elle qu'il parle encore quoique mort. »
(Hébreux 11.4).
Il dit aussi de Noé : que c'est par la foi qu'il construisit
son arche pour sauver sa maison, condamnant ainsi le monde et devint
ainsi l'héritier de la justice qui s'obtient par la foi
(Hébreux 11.7).
Il s'agissait de la foi en Christ puisque c'était une foi
salvatrice, et elle devait être dans le nom de Christ, car « Il n'y
a de salut en aucun autre car il n'y a sous le ciel aucun autre nom
qui ait été donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés. »
(Actes 4.12).
Beaucoup essaient de vivre la vie chrétienne sur la force de la foi
qu'ils exercèrent quand ils comprirent leur besoin du pardon pour
leurs péchés de leur vie passée. Ils savent que seul Dieu peut
pardonner les péchés et qu'il le fait par Christ; mais ils supposent
qu'ayant commencé ce processus un certain jour, ils doivent maintenant
poursuivre la course avec leurs propres forces. Nous savons que
beaucoup ont cette idée, d'abord parce que nous l'avons entendu dire
par quelques-uns, ensuite, parce que des multitudes de soi-disant
chrétiens révèlent l'oeuvre d'un pouvoir qui n'est en rien supérieur à
leur propre force. Si, dans leurs réunions sociales, ils ont quelque
chose à dire d'autre que l'éternelle formule « je veux être chrétien
afin d'être sauvé », ils n'ont rien d'autre que leur expérience passée,
la joie qu'ils ont expérimentée quand ils ont cru pour la première
fois. Ils ne savent rien de la joie de vivre pour le Seigneur, et de
marcher avec Lui par la foi, et celui qui leur en parle tient un
langage étrange pour eux. Mais l'apôtre présente ce thème de la foi,
comme s'étendant jusqu'au royaume de gloire, dans l'illustration
convaincante qui suit :
C'est par la foi qu'Énoch fut enlevé pour qu'il ne vît point la mort
et qu'il ne parut plus parce que Dieu l'avait enlevé : car, avant son
enlèvement, il avait reçu le témoignage qu'il était agréable à Dieu.
Or sans la foi, il est impossible de lui être agréable; car il faut,
que celui qui s'approche de Dieu, croie que Dieu existe et qu'il est
le rémunérateur de ceux qui le cherchent
(Hébreux 11.5-6).
Observez quel est l'argument qui sert à démontrer qu'Énoch fut
translaté par la foi : Il fut enlevé parce qu'il marchait avec Dieu et
avait la preuve qu'il plaisait à Dieu; mais sans foi il est impossible
de plaire à Dieu. Cette preuve suffit à prouver l'exposé. Sans la foi,
aucun acte que nous puissions accomplir n'obtiendra l'approbation de
Dieu. Sans la foi les meilleures actions que l'homme puisse accomplir
s'avéreront parfaitement insuffisantes au regard de la justice
parfaite de Dieu. Partout où se trouve la vraie foi, cela est bon,
mais la meilleure foi en Dieu pour ôter la charge des péchés passés ne
profitera à personne à moins qu'elle soit continuellement fortifiée
jusqu'à la fin par la mise à l'épreuve.
Nous en avons entendu beaucoup dire combien il était difficile de bien
agir; leur vie chrétienne était sans satisfaction, marquée seulement
par l'échec, ils se sentaient poussés à céder au découragement. Il
n'est pas surprenant qu'ils se découragent, car l'échec continuel est
capable de décourager n'importe qui. Le plus vaillant des soldats ne
pourrait que défaillir s'il souffrait une déroute à chaque bataille.
Il n'est pas difficile d'entendre ces personnes se lamenter parce
qu'elles ont perdus confiance en elles-mêmes. Pauvres âmes! Si
seulement elles pouvaient perdre totalement confiance en elles-mêmes
et se reposer entièrement sur Celui qui détient la puissance
salvatrice, elles auraient un autre témoignage à donner! Elles se
glorifieraient en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ
(Romains 5.11).
L'apôtre dit : Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le
répète, réjouissez-vous!
(Philippiens 4.4).
L'homme qui ne se réjouit
pas en Dieu, bien qu'affligé et tenté, ne combat pas le bon combat de
la foi. Il livre le triste combat de la confiance en soi-même et de la
défaite.
Toutes les promesses de bonheur éternel sont faites à celui qui
vaincra : Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon
trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon père sur son
trône.
(Apocalypse 3.21).
Celui qui vaincra héritera ces choses...
(Apocalypse 21.7).
Un vainqueur est celui qui remporte des victoires.
L'héritage n'est pas la victoire, mais la récompense d'avoir remporté
la victoire. C'est maintenant qu'il faut triompher. Les victoires
qu'il faut obtenir sont des victoires sur l'avidité, la chair, la
convoitise des yeux et l'orgueil de la vie, la victoire sur le moi et
l'indulgence égoïste
(1 Jean 2.16).
Celui qui lutte et voit l'ennemi
reculer peut se réjouir. Personne ne peut l'empêcher de se réjouir en
voyant l'ennemi reculer. Certains sont pris de panique à la pensée
d'avoir à maintenir une lutte continuelle contre le moi et les désirs
mondains : c'est parce qu'ils n'ont pas encore expérimenté la joie de
la victoire; ils n'ont connu que la défaite. Mais celui qui se bat
sans jamais connaître la déroute ne trouve pas cela pénible. Le
vétéran qui a livré cent batailles, qui a gagné chaque combat, languit
de revenir au front. Les soldats d'Alexandre qui, sous son
commandement n'ont jamais connu la défaite, attendaient avec
impatience une nouvelle lutte. Chaque victoire, qui dépendait que de
leur courage, augmentait leur force et diminuait d'autant celle de
l'ennemi vaincu. Maintenant, comment pouvons-nous être continuellement
vainqueurs dans toutes nos luttes spirituelles? Écoutons le disciple
bien-aimé :
« Car tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde et la victoire qui
triomphe du monde c'est notre foi. »
(1 Jean 5.4).
Écoutons à nouveau l'apôtre :
« J'ai été crucifié avec Christ et si je vis, ce n'est plus moi qui vis,
c'est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je
vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré
lui-même pour moi. »
(Galates 2.20).
Voilà le secret de la force : c'est Christ, le Fils de Dieu, à qui
toute puissance dans le ciel et sur la terre est donnée, qui accomplit
cette oeuvre. Si c'est Lui qui vit dans le coeur et agit, est-ce de la
vanité de dire que les victoires peuvent être remportées? Oui c'est se
glorifier, mais c'est se glorifier en Dieu, ce qui est acceptable. Le
psalmistes dit : « Mon âme se glorifie en l'Éternel. »
(Psaume 34.2). Et
l'apôtre Paul dit : « Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de
me glorifier d'autre chose que de la croix de notre Seigneur
Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi comme je le suis
pour le monde. »
(Galates 6.14).
Les soldats d'Alexandre étaient réputés invincibles, pourquoi?
Était-ce parce qu'ils étaient par nature plus forts et plus courageux
que leurs ennemis? Non, mais ils étaient conduits par Alexandre. Ils
tiraient leur force de leur dirigent. Quand l'armée de l'Union battait
en retraite, prise de panique devant l'ennemi, à Winchester, la
présence de Sheridan transforma la déroute en victoire. C'est conduits
par lui qu'ils étaient forts; avec un autre chef, ils auraient souvent
connu la défaite. Sans lui, les hommes n'étaient qu'une cohue affolée.
Lui à leur tête, ils devinrent une armée invincible, vous les auriez
entendu louer leur général avec joie. Il leur inspirait le même esprit
qui l'animait.
Donc, notre capitaine, c'est l'Éternel des armées. Il a affronté
l'ennemi principal, et étant dans la pire des situation, il a vaincu.
Ceux qui le suivent, avancent invariablement en vainqueur et pour
vaincre
(Apocalypse 6.2).
Oh, si ceux qui déclarent Le suivre pouvaient mettre leur confiance
en Lui, alors, par leurs victoires répétées, ils rendraient gloire
à Celui qui les a appelés des ténèbres à son admirable lumière!
(1 Pierre 2.9).
Jean dit que celui qui est né de Dieu triomphe du monde par la foi
(1 Jean 5.4).
La foi se saisit du bras de Dieu et sa puissance divine
agit. Comment la puissance de Dieu peut-elle agir en l'homme en
accomplissant ce qu'il ne pourrait pas faire par lui-même? Personne ne
peut le dire. Il n'est pas moins difficile d'expliquer comment Dieu
peut ressusciter les morts. Jésus dit : « Le vent souffle où il veut et
tu en entends le bruit, mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il
en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit. »
(Jean 3.8). Comment
l'Esprit agit-il en l'homme pour maîtriser ses passions et le rendre
victorieux de sa vanité, sa convoitise et son égoïsme? Seul l'Esprit
le sait. Il nous suffit de savoir qu'il agit et agira en tous ceux qui
désirent par-dessus toute chose s'y soumettre, et se confient en Dieu
pour sa réalisation.
Personne ne peut expliquer le mécanisme par lequel Pierre put marcher
sur les eaux, alors que les vagues déferlaient autour de lui; mais
nous savons qu'il le fit par la volonté du Seigneur. Aussi longtemps
qu'il garda les yeux fixés sur le Maître, la puissance divine lui
permit d'avancer comme s'il marchait sur du roc, mais quand il
commença à regarder les vagues, avec peut-être un sentiment d'orgueil,
comme si c'était par lui seul qu'il avançait, il fut naturellement
pris de frayeur et commença à s'enfoncer. La foi lui permit de marcher
sur les eaux, la peur le fit sombrer en elles.
L'apôtre dit : « C'est par la foi que les murailles de Jéricho tombèrent
après qu'on en eût fait le tour pendant sept jours. »
(Hébreux 11.30).
Pourquoi cela a-t-il été écrit? Pour notre enseignement,... pour que
vous abondiez en espérance par la puissance du Saint-Esprit
(Romains 14.13).
Faut-il en déduire que nous seront un jour appelés à
combattre des multitudes armées et à nous emparer de forteresses? Non :
« Car, nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre
les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde
de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. »
(Éphésiens 6.12).
Mais les victoires qui ont été remportées par la
foi en Dieu sur les ennemis de chair visibles servent à témoigner de
ce que la foi peut accomplir dans notre lutte contre les princes des
ténèbres de ce monde. La grâce de Dieu, en réponse à la foi, est aussi
puissante dans ces deux différents genres de batailles, car l'apôtre
dit :
« Si nous marchons dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair.
Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles;
mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des
forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui
s'élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée
captive à l'obéissance de Christ. »
(2 Corinthiens 10.3-5).
Ce n'est pas seulement des ennemis physiques que nos courageux
ancêtres ont vaincu par la foi; nous lisons d'eux qu'ils n'ont pas
seulement vaincu des royaumes, mais aussi exercé la justice, obtenu
des promesses et plus merveilleux et encourageant que tout, ils
étaient forts au sein de la faiblesse
(Hébreux 11.33-34). Leur
faiblesse même devint force pour eux par la foi, parce que dans la
faiblesse, la foi en Christ devint parfaite.
« Qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce la tribulation ou
l'angoisse, ou la persécution, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée?
Selon qu'il est écrit : c'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout
le jour, qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie.
Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui
qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la mort, ni la vie, ni
les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à
venir, ni les puissances ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune
autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en
Jésus-Christ notre Seigneur. »
(Romains 8.35-37).
Signs of the Times, 25/3/1889