QUARANTE ANS DANS LE DÉSERT
LE TYPE ET L'ANTITYPE
Taylor G. Bunch
« Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été
sous la nuée, qu'ils ont tous passé au travers de la mer, qu'ils ont
tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, qu'ils ont
tous mangé le même aliment spirituel, et qu'ils ont tous bu le même
breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les
suivait, et ce rocher c'était Christ. Mais la plupart d'entre eux ne
furent point agréables à Dieu, puisqu'ils périrent dans le désert.
» Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d'exemples, afin que
nous n'ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu. Ne devenez
pas idolâtres, comme quelques-uns d'eux, selon qu'il est écrit : Le
peuple s'assit pour manger et pour boire; puis ils se levèrent pour se
divertir. Ne nous livrons point à l'impudicité, comme quelques-uns
d'eux s'y livrèrent, de sorte qu'il en tomba vingt-trois mille en un
seul jour. Ne tentons pas le Seigneur, comme le tentèrent quelques-uns
d'eux, qui périrent par les serpents. Ne murmurez point, comme
murmurèrent quelques-uns d'eux, qui périrent par l'extermination. Ces
choses leur sont arrivées pour servir d'exemples, et elles ont été
écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin
des siècles. Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde
de tomber! »
(1 Corinthiens 10.1-12).
Selon ce texte, les expériences de l'ancien Israël, dans le mouvement
de l'Exode, furent un type des expériences de l'Israël moderne, dans
le mouvement adventiste. Ce sont des mouvements parallèles. L'ancien
Israël « littéral » fut appelé hors de l'ancienne Égypte « littérale », et
conduit à travers le désert jusqu'à la terre promise de Canaan.
L'Israël spirituel moderne est appelé hors d'Égypte et de la Babylone
spirituelles modernes, symboles des ténèbres et de la confusion, et il
est conduit à travers le désert du péché jusqu'à la terre de la Canaan
céleste. Le texte ci-dessus est un appel au peuple adventiste à
étudier les expériences et les voyages de l'ancien Israël dans le
mouvement de l'exode. Les livres de l'Exode, du Lévitique, des
Nombres, du Deutéronome et de Josué doivent être étudiés très
soigneusement par les Adventistes puisqu'ils approchent des frontières
de la Canaan céleste.
« Il m'a été montré que l'esprit du monde envahit rapidement l'Église.
Vous suivez la même voie que l'ancien Israël. Il y a le même abandon
de votre sainte vocation en tant que peuple particulier de Dieu. »
Testimonies, vol. 5, p. 75.
« Le péché de l'ancien Israël consistait à ne pas tenir compte de la
volonté expresse de Dieu et de suivre leur propre voie selon les
directives de coeurs non-sanctifiés. L'Israël moderne suit rapidement
les traces de l'ancien Israël et le déplaisir du Seigneur pèse sur
eux, d'une manière aussi certaine. » Id., p. 94.
« Les mêmes désobéissances et échecs, constatés dans l'Église juive,
ont caractérisé, dans une plus grande mesure, le peuple qui a reçu
cette grande lumière du ciel dans ces derniers messages
d'avertissement. Laisserons-nous l'histoire d'Israël se répéter dans
notre expérience? » Id., p. 456.
Remarquons brièvement quelques-unes de ces similitudes. Les deux
mouvements sont apparus en accomplissement de prophéties d'une époque
précise, et ils débutèrent au moment indiqué. (Cf.
Genèse 15.13-16;
Daniel 8.14).
L'ancien Israël fut délivré de l'esclavage égyptien
afin qu'il puisse servir Dieu et garder ses lois.
(Psaume 105.43-45).
Dans le même but, l'Israël moderne est appelé hors de la Babylone
spirituelle. Le Sabbat est un signe et une épreuve de fidélité pour
les deux mouvements. Juste avant la délivrance d'Israël hors d'Égypte,
Dieu déversa Sa colère par les dix plaies, les sept dernières frappant
seulement les Égyptiens. Juste avant la délivrance du peuple
adventiste, de ce monde, de ses persécutions et de son esclavage, la
colère de Dieu se manifestera encore par les dix plaies, dont les sept
dernières frapperont seulement les méchants. La délivrance d'Israël en
Égypte arriva à minuit, et la délivrance finale du reste de l'église,
de la sentence de mort, arrivera aussi à minuit. Les organisations des
deux mouvements sont presque identiques. La réforme concernant la
santé fait partie des deux mouvements qui ont été affligés par la
présence d'une « multitude mélangée » qui causa la plupart des ennuis le
long du chemin. Satan, par des attaques de l'extérieur et des
apostasies de l'intérieur, a tenté d'arrêter le mouvement de l'Exode
et de l'empêcher d'atteindre la terre promise. Mais ce même mouvement
qui quitta l'Égypte a atteint Canaan, les rebelles étant tous exclus
avant la traversée du Jourdain. L'histoire du mouvement adventiste
sera fidèle au type. (Cf.
Deutéronome 6.23;
Jérémie 16.14-16, 19;
Ésaïe 11.10, 12, 16;
Josué 20.33-38).
« Par un prophète l'Éternel fit monter Israël hors d'Égypte, et par un
prophète Israël fut gardé. »
(Osée 12.14).
Non par des prophètes, mais
par un prophète. Moïse, ce prophète, mourut à la frontière de la terre
promise après avoir entrevu l'héritage. Avant sa mort, pourtant, le
Seigneur donna par lui toutes les instructions nécessaires pour faire
arriver Israël et l'établir dans la terre promise. Josué ne fit
qu'accomplir les instructions données par l'intermédiaire de Moïse.
Non pas par des prophètes mais par un prophète, le mouvement
adventiste fut, et continuera à être dirigé et préservé. Le prophète
mourut à la frontière de la Canaan céleste, après avoir entrevu en
vision la gloire de la terre promise. Par ce prophète, le Seigneur
donna toutes les instructions en détail pour faire arriver le peuple
adventiste à destination. Avec toutes les instructions nécessaires
pour tout le voyage, on a l'Esprit de Prophétie comme si le prophète
était toujours vivant. C'est le devoir des dirigeants de ce mouvement
de suivre les directives pour le voyage et l'entrée dans le pays
céleste.
Après leur délivrance à la Mer Rouge, les Israélites chantèrent le
cantique de Moïse, un chant de délivrance de la mort et de victoire
par la foi. Quand le peuple adventiste sera délivré du décret final de
mort, il chantera le même cantique sur la mer de verre, car il aura
vécu la même expérience. (Cf.
Apocalypse 15.2, 3).
« Ce cantique
n'appartient pas seulement au peuple juif. Il annonce la destruction
du tous les ennemis de la justice, et la victoire finale de l'Israël
de Dieu. » Patriarches et prophètes, p. 289 (267).
Le voyage d'Égypte à Canaan était très court par la grande route
commune, le long de la côte : moins de 400 kilomètres. En faisant
quinze kilomètres par jour, le voyage aurait pris moins d'un mois.
Deux hommes ont effectué le voyage de Goshen aux abords du Jourdain,
où Israël le traversa, en avion en moins de deux heures. Pourtant, le
voyage direct se faisait par le pays des Philistins guerriers et, à
cause du manque de foi d'Israël en Dieu qui avait promis de combattre
pour eux, le Seigneur dut les faire passer par un chemin détourné.
(Cf. Exode 13.17, 18).
Ils ne purent entrer dans la terre promise
avant d'avoir appris la leçon de la victoire et de la délivrance par
la foi. Leur première leçon eut lieu à la Mer Rouge. (Cf.
Exode 14).
Selon la chronologie biblique, les Israélites quittèrent l'Égypte le
15è jour du premier mois, en 1491 avant J.-C. Le troisième mois, ils
campèrent au pied du Mont Sinaï où ils reçurent la loi, et
construisirent le sanctuaire et instituèrent les services typiques,
dont le but était de leur révéler l'Agneau de Dieu et le plan de la
rédemption. C'était la préparation nécessaire pour entrer dans le pays
promis. Ils campèrent presque deux ans autour de la montagne de la
loi, quand arriva le message, « L'Éternel, notre Dieu, nous a parlé à
Horeb, en disant : Vous avez assez demeuré dans cette montagne.
Tournez-vous, et partez; allez à la montagne des Amoréens et dans tout
le voisinage, dans la plaine, sur la montagne, dans la vallée, dans le
midi, sur la côte de la mer, au pays des Cananéens et au Liban,
jusqu'au fleuve, au fleuve d'Euphrate. Voyez, j'ai mis le pays devant
vous; allez, et prenez possession du pays que l'Éternel a juré à vos
pères, Abraham, Isaac et Jacob, de donner à eux et à leur postérité
après eux. »
(Deutéronome 1.6-8).
La marche vers Canaan reprit alors
et en onze jours, ils furent à Kadès-Barnéa, à la limite sud de la
terre promise. C'était le plan de Dieu de les y faire entrer
directement. « Dieu avait fait que leur privilège et leur devoir soient
d'entrer dans le pays à Son moment fixé; mais, à cause de leur
négligence volontaire, cette permission avait été retirée. »
Patriarches et prophètes, p. 392.
« Ce n'était pas la volonté de Dieu qu'Israël erre quarante ans dans le
désert. Il désirait les conduire directement au pays de Canaan, et en
faire là un peuple saint et heureux. Mais, ils ne purent y entrer à
cause de leur incrédulité. » La tragédie des siècles, p. 496
(Hébreux 3.16-19).
Le Seigneur avait dit à Israël que le pays promis était un « bon pays,
où coulent le lait et le miel », et qu'Il chasserait les habitants
devant eux par des plaies, des frelons et des grêlons, et qu'ils
n'auraient pas à combattre. Ce n'était pas Son but qu'Israël obtienne
ce pays par la guerre, mais par une stricte obéissance à Ses
commandements. Patriarches et prophètes, p. 392 (370). À Kadès-Barnéa,
leur foi vacilla et ils suggérèrent à Moïse d'envoyer des espions pour
voir si le pays était bon, et s'ils étaient capables de le posséder.
Leur requête exigeante était une preuve qu'ils ne croyaient pas en
Dieu, mais Il a satisfait leur demande, comme lorsque plus tard, ils
demandèrent un roi, et un comité de douze hommes fut choisi. Après
quarante jours d'exploration, ils revinrent avec des échantillons de
fruits et signalèrent que c'était vraiment un bon pays. Le groupe des
douze hommes était partagé et dix d'entre eux déclarèrent qu'Israël
n'était pas capable de prendre possession de ce pays. Laissant Dieu
hors de leurs calculs et considérant seulement leurs propres oeuvres,
et leur propre organisation, ils dirent que la tâche était trop
grande. Leur compte-rendu entraîna une grande détresse et le peuple
pleura, et menaça de désigner un capitaine pour les ramener en Égypte.
Moïse, Caleb et Josué tentèrent d'encourager le peuple. Ils dirent,
« Si l'Éternel nous est favorable, il nous mènera dans ce pays, et nous
le donnera : c'est un pays où coule le lait et le miel. Seulement, ne
soyez point rebelles contre l'Éternel, et ne craignez point les gens
de ce pays, car ils nous serviront de pâture, ils n'ont plus d'ombrage
pour les couvrir, ne les craignez point! »
(Nombres 14.8-9). Leurs efforts ne
servirent à rien, car le poison avait infecté tout le camp. (Cf.
Nombres 13 et
14).
À cause de leur rébellion, la colère du Seigneur s'enflamma et Il leur
dit qu'aucun de ceux qui quittèrent l'Égypte, âgés de vingt ans et
plus, n'entrerait dans la terre promise sauf Caleb et Josué, parce
qu'ils « avaient un autre esprit » en eux et avaient totalement suivi le
Seigneur. « Vos cadavres, à vous, tomberont dans le désert; et vos
enfants paîtront quarante années dans le désert, et porteront la peine
de vos infidélités, jusqu'à ce que vos cadavres soient tous tombés
dans le désert. De même que vous avez mis quarante jours à explorer le
pays, vous porterez la peine de vos iniquités quarante années, une
année pour chaque jour; et vous saurez ce que c'est que d'être privé
de ma présence. »
(Nombres 14.32-34).
Quel était le plan que Dieu
avait dû changer à cause de leur rébellion? Son plan était de les
faire rentrer directement dans la terre promise. Alors, il se
repentirent et tentèrent d'y entrer par leurs propres efforts, et ils
furent battus par les Amoréens. (Cf.
Deutéronome 1.41-44).
Pendant qu'ils campèrent à Kadès-Barnéa, eut lieu la plus grande
apostasie de leur voyage jusque là. La rébellion fut menée par Koré,
Dathan et Abiram. Deux cent cinquante princes ou dirigeants les
suivirent et 14 700 laïcs furent affectés par l'apostasie. Tous furent
détruits par les jugements de Dieu et les dirigeants du mouvement
furent soutenus.
« Nous nous tournâmes, et nous partîmes pour le désert, par le chemin
de la Mer Rouge, comme l'Éternel me l'avait ordonné; nous suivîmes
longtemps les contours de la montagne de Séir. L'Éternel me dit : Vous
avez assez suivi les contours de la cette montagne. Tournez-vous vers
le nord. »
(Deutéronome 2.1-3).
Les nombreux jours de campement autour des montagnes de Séir furent de
presque 38 ans
(verset 14).
Alors, leur arriva un autre message,
semblable à celui qu'ils reçurent pendant qu'ils campaient au Mont
Sinaï, juste avant d'atteindre Kadès-Barnéa, « vous avez assez suivi
les contours de cette montagne. Tournez-vous vers le nord. » Ce fut un
autre appel pour entrer dans la terre promise et les deux appels
étaient séparés d'environs 38 ans. Ce message, a dû être encourageant
pour les pèlerins fatigués, et l'on peut bien imaginer qu'il remplit
tout le camp de joie. Cela signifiait que leur pèlerinage dans le
désert allait se terminer et que le pays promis n'était pas très loin.
La marche vers les bords du Jourdain fut vraiment rapide, bien que la
durée exacte ne soit pas précise.
Pendant qu'ils campaient à Kadès-Barnéa, le peuple murmura beaucoup
« dans ses tentes » et autour de ses feux, et dit beaucoup de choses
dures concernant Dieu et Moïse. Le Seigneur entendit tout. « J'ai
entendu les murmures des enfants d'Israël qui murmuraient contre moi. »
(Nombres 14.27). (Cf.
Psaume 106.24-26).
Les textes suivants disent pourquoi les enfants d'Israël ont dû
retourner dans le désert, après Kadès-Barnéa : « Mais vous ne voulûtes
point y monter, et vous fûtes rebelles à l'ordre de l'Éternel, votre
Dieu. » « Malgré cela, vous n'eûtes point confiance en l'Éternel, votre
Dieu ».
(Deutéronome 1.26, 32).
« Et contre qui Dieu fut-il irrité pendant quarante ans, sinon contre
eux qui péchaient, et dont les cadavres tombèrent dans le désert? Et à
qui jura-t-il qu'ils n'entreraient pas dans son repos, sinon à ceux
qui avaient désobéi? Aussi voyons-nous qu'ils ne purent y entrer à
cause de leur incrédulité. »
(Hébreux 3.17-19). Le verset suivant
est un avertissement pour le mouvement adventiste : « craignons donc,
tandis que la promesse d'entrer dans son repos subsiste encore,
qu'aucun de vous ne paraisse être venu trop tard. »
(Hébreux 4.1).
Quand Israël fut renvoyé des limites de la terre promise, vers le
désert, à cause de son manque de foi ou de confiance, ce fut le début
d'une retraite vers l'Égypte. Les 38 années suivantes se passèrent à
errer autour des montagnes de Séir. Ils ne retournèrent pas en Égypte
et ne progressèrent pas nom plus vers Canaan. En pratique, ils firent
du « surplace »
Actes 7.39 nous dit qu'ils
« tournèrent leurs coeurs vers l'Égypte. »
Il semble triste que Caleb et Josué aient dû passer toutes ces années
dans le désert, non pas à cause de leurs propres fautes, mais leur
seul espoir d'atteindre le pays promis était de rester dans le
mouvement et l'organisation. S'ils avaient tenté de lancer un autre
mouvement, en appelant les fidèles et en empruntant un chemin plus
court, cela se serait terminé par un désastre. En effet, la colonne de
feu la nuit et la nuée le jour ramenaient le mouvement d'origine dans
le désert et restaient avec lui durant son pèlerinage. Tandis qu'il
s'était rebellé contre Dieu, Israël était toujours son peuple choisi
et le Seigneur l'aimait plus que tout autre peuple sur la surface de
la terre. « Oui, il aime les peuples; tous ses saints sont dans sa
main. » (Cf.
Deutéronome 33.1-3).
Le seul espoir de partager cet amour était de rester fidèlement
dans le mouvement et avec ses dirigeants.
Toutes ces choses étaient des types des expériences dans le mouvements
adventiste. L'Église du reste devait atteindre son Kadès-Barnéa aux
abords de la Canaan céleste et, à cause de l'incrédulité, être
renvoyée dans le désert du péché :
« L'histoire de la vie d'Israël au désert fut rapportée pour le bien de
l'Israël de Dieu à la fin des temps. Le rapport des actions de Dieu à
l'égard des personnes errant dans le désert, dans toutes leurs allées
et venues, dans leur état face à la faim, à la soif et à la fatigue,
et dans les frappantes manifestations de Sa puissance pour les
secourir, est un récit chargé d'avertissements et d'instructions pour
Son peuple dans tous les temps. Les expériences diverses des Hébreux
fut une école de préparation pour leur demeure promise en Canaan. Dieu
voulait que Son peuple, à cette époque, obtienne un coeur humble et un
esprit docile, à travers les épreuves par lesquelles l'ancien Israël
passa, afin qu'il puisse être instruit dans sa préparation pour la
Canaan céleste. » Patriarches et prophètes, p. 293 (265).
Le mouvement adventiste arriva à son Kadès-Barnéa à la Conférence
Générale de Minneapolis en 1888. Durant deux ou trois années précédant
cet important rassemblement, Dieu, par l'Esprit de Prophétie, envoya
message sur message à ce peuple, déclarant qu'ils étaient aux
frontières de la Canaan céleste et les appelant à un grand réveil
spirituel pour se préparer au retour de Christ. Ce fut l'anti-type du
message à Israël juste avant qu'ils atteignent Kadès-Barnéa. « Vous
avez assez demeuré dans cette montagne... allez, et prenez possession
du pays que l'Éternel a juré de donner à vos pères. » (Cf.
Deutéronome 1.6-8).
Notez les messages suivants, donnés juste avant 1888 :
- 1879 : « Nous sommes maintenant tout à fait aux bords du monde éternel. » Vol. 4, 306.
- 1881 : « La fin de toutes choses est proche. » Id. 16.
- 1885 : « Nous nous tenons tout à fait aux bords du monde éternel. » Id. 460.
« L'éternité s'étend devant nous. Le rideau est sur le point de se lever. » Id. 464.
Il y eut également un appel solennel pour un réveil, une réforme et
une acceptation de la justice de Christ, en vue de se préparer à
l'entrée dans le royaume céleste.
« Un réveil de la vraie piété est le plus grand, le plus urgent de tous
nos besoins... Si Satan réussissait, il n'y aurait jamais un autre
réveil, grand ou petit, jusqu'à la fin des temps. » Review and Herald,
22/3/1887.
Pratiquement, tous les numéros de la Review and Herald, durant les
mois avant 1888, contenaient des appels sérieux et pressants à un
réveil spirituel qui donnerait au peuple de Dieu une vision de son
état laodicéen, et de Christ et sa justice comme le seul remède. Le
volume 5 des Témoignages fut écrit juste avant 1888. Il est rempli de
messages avertissant de la proximité de la fin et de la préparation
nécessaire pour la crise venant bientôt. (Cf. « Jésus-Christ, notre
justice », A. G. Daniells).
Durant la conférence de Minneapolis, la justification par la foi et
une préparation pour la fin furent le thème principal de presque tous
les messages. La servante du Seigneur était présente et s'identifia
complètement au message. Parlant de cela plus tard, elle dit :
« Le Seigneur, dans Sa grande miséricorde, envoya à Son peuple un
message très précieux... Ce message devait présenter, d'une façon plus
importante devant le monde, le Sauveur exalté, le Sacrifice pour les
péchés du monde entier. Ce message présenta la justification par la
foi en s'en portant garant; il invita les gens à recevoir la justice
de Christ, qui est rendue manifeste dans l'obéissance à tous les
commandements de Dieu. Beaucoup de gens avaient perdu Jésus de vue.
Ils avaient besoin que leurs yeux soient dirigés sur Sa personne
divine, Ses mérites et Son amour immuable pour la famille humaine.
Toute puissance est placée entre Ses mains pour qu'Il puisse
distribuer de riches dons aux hommes, accordant le don inestimable de
Sa propre justice à l'être humain impuissant. Voici le message du
troisième ange qui doit être proclamé d'une voix forte, et accompagné
de l'effusion de Son Esprit dans une grande mesure. » Testimonies to
Ministers, p. 91, 92.
Selon la déclaration ci-dessus, il est évident que le Seigneur se
proposait de déverser Son Esprit par la pluie de l'arrière saison et
d'achever rapidement Son oeuvre. C'est également évident d'après la
déclaration de la Review and Herald du 22 novembre 1892 : « Le moment de
l'épreuve est juste arrivé pour nous, car le grand cri du troisième
ange a déjà commencé par la révélation de la justice de Christ, le
Rédempteur qui pardonne le péché. C'est le début de la lumière de
l'ange dont la gloire remplira la terre entière. »
Mais beaucoup se mirent à craindre le fanatisme et la réunion, qui
débuta avec une telle manifestation remarquable de la présence de Dieu
et de Ses bénédictions, se termina dans la dispute et la confusion.
Beaucoup eurent l'impression que le message annoncé était un abandon
des bonnes anciennes doctrines, qui avaient fait de nous un peuple, et
ils rejetèrent ce message. (Cf. « Jésus-Christ, notre justice », p. 63 à
68). Dans Testimonies to Ministers, pages 89 à 98, il y a un chapitre
intitulé : « Le rejet de la Lumière », et contenant le reproche le plus
cinglant envers ceux qui rejetèrent ce message. Cela a dû être aussi
terrible pour le Seigneur que la rébellion à Kadès-Barnéa, car il en
résulta la même punition, un retour dans le désert.
Tout comme Israël « murmura dans ses tentes » et critiqua le dirigeant
choisi par Dieu, qui tentait de le mener dans la terre promise, ainsi
l'Israël moderne répéta les mêmes scènes à Minneapolis en 1888.
« Dieu a suscité Ses messagers pour accomplir Son oeuvre à cette
époque. Certains se sont détournés du message de la justice de Christ
pour critiquer ces hommes et leurs imperfections... Christ a
enregistré tous les discours durs, orgueilleux, sarcastiques, contre
Ses serviteurs comme s'ils étaient prononcés contre Lui-même." Review
and Herald, 27/5/1890.
« Je pense que je ne serai plus jamais appelée à me tenir sous la
direction du Saint-Esprit, comme je l'ai été à Minneapolis. La
présence de Jésus était avec moi. Toutes les personnes présentes à
cette assemblée ont eu l'occasion de se placer du côté de la vérité,
en recevant le Saint-Esprit envoyé par Dieu comme un tel courant
rempli d'amour et de miséricorde. Mais, dans les pièces occupées par
certains des nôtres, on entendit des critiques ridicules, des
moqueries, des rires. Les manifestations du Saint-Esprit étaient
attribuées au fanatisme... Les scènes qui se déroulèrent à cette
réunion, rendirent le Dieu du ciel honteux d'appeler Ses frères, ceux
qui y prirent part. Le Témoin céleste prêta attention à tout cela, et
ce fut écrit dans le livre du souvenir de Dieu. » Special Testimony to
Review and Herald office, p. 16, 17, écrit en 1896.
Il est évident, selon les déclarations suivantes de l'Esprit de
Prophétie, que Dieu avait pleinement l'intention de faire entrer
l'Israël moderne dans la Canaan céleste, il y a plus de quarante ans :
« Si ceux-ci avaient fait leur travail, le monde aurait été averti
avant aujourd'hui. » Review and Herald, 6/10/1896.
« Si le peuple de Dieu avait conservé une relation vivante avec Lui,
depuis le début du mouvement adventiste, ce peuple serait aujourd'hui
dans la Canaan céleste. » Stewardship Series, nº 1, p. 3 et 4.
À cause de son incrédulité manifestée dans le rejet du message, envoyé
pour le préparer pour la Canaan céleste, le Seigneur dut modifier Son
plan et renvoyer le peuple adventiste dans le désert du péché, jusqu'à
ce qu'il apprenne la leçon de la foi.
« Son peuple a été très en retard. Les êtres humains peuvent, d'après
le plan divin, retrouver quelque chose de ce qui est perdu, parce que
le peuple qui a eu une grande lumière n'a pas eu la piété, la
sanctification, ni le zèle correspondants, pour réaliser les plans
spécifiques de Dieu... Il n'est pas possible à l'homme de franchir
l'abîme qui a été fait par les ouvriers qui n'ont pas suivi le divin
Conducteur. Il se peut que nous ayons à rester ici dans ce monde, à
cause de l'insubordination, beaucoup plus d'années que prévu, comme
l'ont fait les enfants d'Israël; mais pour l'amour de Christ, Son
peuple ne doit pas ajouter péché sur péché." Unpublished Testimony,
7/12/1901.
« L'histoire de l'ancien Israël est une illustration frappante des
expériences passées de l'église adventiste. Dieu a conduit les enfants
d'Israël hors d'Égypte... Si tous avaient travaillé d'une manière unie
dans l'oeuvre en 1844, avaient reçu le message du troisième ange et
l'avaient proclamé avec la puissance du Saint-Esprit, le Seigneur
aurait agi puissamment en faveur de leurs efforts. Un flot de lumière
se serait déversé sur le monde. Il y a des années, les habitants de la
terre auraient été averti et l'oeuvre finale achevée, et Christ serai
venu pour la rédemption de Son peuple. Ce n'était pas la volonté de
Dieu qu'Israël erre pendant quarante ans dans le désert. Il désirait
les conduire directement au pays de Canaan et les y établir comme un
peuple saint et heureux. Mais ils ne purent y entrer à cause de leur
incrédulité. À cause de leur déchéance et de leur apostasie, ils
périrent dans le désert et d'autres personnes furent suscitées pour
entrer en terre promise. De la même façon, ce n'était pas la volonté
de Dieu que le retour de Christ soit si longtemps retardé et que Son
peuple doive rester autant d'années dans ce monde de péché et de
douleur. Mais l'incrédulité l'a séparé de Dieu. » La Tragédie des
Siècles, p. 496-497.
Ainsi, le retour de Christ devait être retardé et l'église entra dans
le temps d'attente. Ceci explique aussi la parabole des dix vierges.
Toutes allèrent rencontrer l'époux mais, comme Il tardait, elles ont
toutes sommeillé et dormi. Beaucoup de déclarations de l'Esprit de
Prophétie disent que le peuple de Dieu est endormi, pasteurs et laïcs.
Aux dix vierges, parvint un cri de réveil : « Voici l'époux vient, allez
à sa rencontre. » Toutes ont entendu le message mais seulement cinq, la
moitié, se sont préparées pour le mariage. À la fin du temps
d'attente, il y aura un message de réveil pour le peuple adventiste.
Malheureusement, beaucoup négligeront son avertissement, et ne feront
pas la préparation nécessaire pour entrer dans le royaume et
participer au festin des noces de l'Agneau. La préparation nécessaire
est d'accepter comme un don et de revêtir la robe de la justice de
Christ. (Cf.
Apocalypse 19.7-9).
Il est très évident que le rejet du message spécial de Dieu en 1888,
qui entraîna le changement de Son plan de faire entrer Son peuple
directement dans le pays promis, marqua le début d'un recul spirituel
vers le monde ou l'Égypte. En fait, cela avait déjà commencé et
c'était la raison du message spécial pour le préparer à entrer dans la
Canaan céleste. « Beaucoup, pendant des années, n'ont pas progressé en
connaissance et en vraie sainteté. Ce sont des nains spirituels. Au
lieu d'avancer vers la perfection, ils retournent à l'obscurité et
l'esclavage de l'Égypte. » Testimonies, vol. 2, p. 124.
« En tant que peuple, nous n'avançons pas en spiritualité, alors que
nous approchons de la fin. » Testimonies, vol. 5, p. 11.
« Mon coeur souffre jour après jour, et nuit après nuit, pour nos
églises. Beaucoup progressent, mais sur la voie du recul. » Id., p. 93.
« Je suis remplie de tristesse quand je pense à notre état, en tant que
peuple. Le Seigneur n'a pas fermé le ciel devant nous, mais notre
propre conduite d'apostasie continuelle nous a séparés de Dieu.
L'orgueil, la convoitise et l'amour du monde ont vécu dans le coeur
sans la crainte du bannissement ou de la condamnation. Des péchés
graves et présomptueux ont demeuré parmi nous. Et pourtant, on pense
en général que l'église est florissante, et que la paix et la
prospérité spirituelles sont chez elle, partout où elle se trouve.
Elle a fait demi-tour et ne suit pas Christ, son Conducteur, et, sans
arrêt, elle bat en retraite vers l'Égypte. Cependant, peu de gens sont
alarmés ou étonnés de leur manque de vigueur spirituelle. Le doute et
même l'incrédulité, envers les témoignages de l'Esprit de Dieu,
agissent comme un levain partout dans nos églises. » Idem, p. 217.
« L'influence qui se développa, à cause de la résistance à la lumière
et la vérité, à Minneapolis, a eu tendance à supprimer la lumière que
Dieu avait donnée à Son peuple par les "Témoignages". » General
Conference Bulletin, 28/2/1890.
« Depuis l'époque de la réunion de Minneapolis, j'ai vu l'état de
l'église de Laodicée comme jamais auparavant. J'ai entendu Dieu blâmer
ceux qui se sentent si bien satisfaits, qui ignorent leur dénuement
spirituel... Comme les Juifs, beaucoup ont fermé les yeux de peur de
voir; mais il y a un grand péril maintenant à fermer les yeux devant
la lumière et à avancer séparés de Christ, à n'éprouver le besoin de
rien, comme lorsqu'Il était sur terre. » Review and Herald, 26/8/1890.
De même que l'Ancien Israël, après avoir fait demi-tour à
Kadès-Barnéa, le mouvement adventiste ne retourna pas totalement en
Égypte ou dans le monde. Mais il a parcouru un long trajet et il est
resté dans l'état laodicéen, sans retourner dans le monde ni avancer
vers le ciel, mais errant dans le désert et campant autour de la
montagne de la loi. « Péchant et se repentant, péchant et se
repentant », il n'y a pas eu de changement important, sinon pour le
pire. Personne ne peut lire
Apocalypse 3.14-17, ni les nombreuses
déclarations de l'Esprit de Prophétie concernant notre état spirituel,
et nier que nous avons battu en retraite vers le monde,
spirituellement, et erré dans le désert du péché. Comme l'ancien
Israël, le peuple adventiste, « dans son coeur, est retourné en Égypte ».
En même temps, nous nous sommes vantés d'avoir fait des progrès et
nous nous en sommes réjouis.
« Dans beaucoup de coeurs, il semble y avoir à peine un souffle de vie
spirituelle... Nous réjouissons-nous encore d'un christianisme à
demi-mort, d'un esprit du monde égoïste, plein de convoitises,
participant à son impiété et souriant devant ses mensonges? Non...
Dieu accuse les pasteurs et le peuple, sévèrement, de faiblesse
spirituelle, en disant "Je connais tes oeuvres, je sais que tu n'es ni
froid ni bouillant..." Dieu appelle à un réveil spirituel et à une
réforme spirituelle. » Review and Herald, 25/2/1902.
« Il y a beaucoup, beaucoup de soi-disant chrétiens qui attendent,
d'une manière indifférente, le retour du Seigneur. Ils ne portent pas
la robe de Sa justice. Ils peuvent professer être enfants de Dieu,
mais ils ne sont pas purifiés du péché. Ils sont égoïstes et
autosuffisants. Leur expérience est dépourvue de l'action de Christ.
Ils n'aiment ni Dieu suprêmement, ni leur prochain comme eux-mêmes.
Ils n'ont pas une idée juste de ce que constitue la sainteté. Ils ne
voient pas leurs propres défauts. Ils sont si aveuglés qu'ils sont
incapables de déceler l'action subtile de l'orgueil et de l'iniquité.
Ils sont revêtus des haillons de la propre justice et frappés
d'aveuglement spirituel. Satan a projeté son ombre entre eux et
Christ, et ils ne désirent pas étudier le caractère pur et saint du
Sauveur. » Review and Herald, 26/2/1901. « Chaque jour, l'église devient
convertie au monde. » Testimonies, vol. 8, p. 119.
L'église, dans son état actuel, est déclarée être dans la condition de
Laodicée et « comme un vaste hôpital rempli de malades et de mourants ».
« Toute personne, qui a été en relation avec ce message durant vingt
ans ou plus, sait que, pendant que la prospérité matérielle a assisté
notre oeuvre, notre peuple a battu en retraite vers le monde,
spirituellement. Le progrès et la prospérité spirituels sont les seuls
que Dieu reconnaît. » Si les chiffres étaient une preuve de succès,
Satan pourrait prétendre à la prééminence.
« C'est le degré de moralité, prédominant dans un collège, qui est le
test de sa prospérité. C'est la vertu, l'intelligence et la piété des
membres composant nos églises, et non leur nombre, qui doivent être
une source de joie et de gratitude. » Testimonies, vol. 5, p. 31, 32.
Tandis qu'Israël rejeta Dieu à Kadès-Barnéa, et qu'Il dut les faire
retourner dans le désert, Il ne les abandonna pas, ne les rejeta pas
et ne commença pas un nouveau mouvement. Même, si les récits de leurs
vies révèlent peu de choses autres que des rébellions contre le
Seigneur; pourtant, Il les aima plus que tous les peuples de la terre
et, avec patience, les conduisit dans une colonne de nuée le jour et
de feu la nuit. « Car l'Éternel, ton Dieu, t'a béni dans tout le
travail de tes mains, il a connu ta marche dans ce grand désert. Voilà
quarante années que l'Éternel, ton Dieu, est avec toi : tu n'as manqué
de rien. »
(Deutéronome 2.7)
« Dans ton immense miséricorde, tu ne les abandonnas pas au désert, et
la colonne de nuée ne cessa point de les guider le jour dans leur
chemin, ni la colonne de feu de les éclairer la nuit dans le chemin
qu'ils avaient à suivre. »
(Néhémie 9.19)
« Il l'a trouvé dans une contrée déserte, dans une solitude aux
effroyables hurlements; il l'a entouré, il en a pris soin, il l'a
gardé comme la prunelle de son oeil. »
(Deutéronome 32.10)
« Dans toutes leurs détresses ils
n'ont pas été sans secours, et l'ange qui était devant sa face les a
sauvés; il les a même rachetés, dans son amour et sa miséricorde, et
constamment il les a soutenus et portés, aux anciens jours. »
(Ésaïe 63.9)
De la même manière, malgré les errances dans le désert de l'Israël
moderne, dans son affreux état Laodicéen, le Seigneur aime le reste de
l'église plus que tous les peuples car il est Son peuple choisi et Il
ne l'abandonnera pas, ni ne commencera un nouveau mouvement. Il
exclura finalement les rebelles et conduira le mouvement jusqu'à la
Canaan céleste.
« Affaiblie et imparfaite, avec le besoin constant d'avertissements et
de conseils, l'Église est néanmoins l'objet de la considération
suprême de Christ. » Testimonies, vol. 7, p. 16.
« Rien d'autre au monde n'est aussi cher à Dieu que Son église. Rien
n'est gardé par Lui avec un tel soin jaloux. Rien n'offense Dieu
autant qu'un acte qui fait du tort à l'influence de ceux qui
accomplissent Son oeuvre. » Testimonies, vol. 6, p. 42.
« Dieu a un peuple auquel le ciel entier s'intéresse et il est l'objet
unique, sur terre, cher au coeur de Dieu. » Testimonies to Ministers, p.
41.
Ce chapitre entier est un avertissement contre ceux qui appelaient le
reste de l'église « Babylone » à cause de son état spirituel.
Maintenant que nous nous approchons de la fin de nos pérégrinations
dans le désert, combien est encourageant le message divin : « Vous avez
assez contourné cette montagne, tournez-vous vers le Nord », ou vers la
Canaan céleste. Le Seigneur redonne à ce peuple le message d'il y a
plus de quarante ans, appelant à un réveil spirituel et à une réforme
de la vraie piété, et exaltant la justice de Christ comme la seule
espérance de victoire. Combien ce message doit être réjouissant pour
l'Israël moderne, montrant que l'on approche de la fin de notre
pèlerinage, et que le Seigneur tient dans Sa main l'achèvement de Son
oeuvre et la délivrance de Son peuple.
Combien nous devons être reconnaissants que l'expérience de 1888 ne se
répétera pas. Le Seigneur ne conduira pas à nouveau ce peuple dans le
désert à cause de l'incrédulité, mais ceux qui accepteront Son message
spécial, et se prépareront pour les moments difficiles, parviendront
en triomphe au pays promis et tous les autres seront exclus.
« J'ai été profondément impressionnée par des scènes qui ont défilé
récemment devant moi dans la nuit. Il semblait y avoir un grand
mouvement, un réveil, se développant en beaucoup d'endroits. Notre
peuple s'avançait "en rangs", répondant à l'appel de Dieu. »
Testimonies to Ministers, p. 515.
La Bible et l'Esprit de Prophétie contiennent beaucoup de prophéties
précises d'un message de réveil final pour le reste de l'Église, juste
avant que nous atteignions le pays promis, et le succès de ce message,
comme il en est du grand triple message lui-même et de son triomphe
final. En fait, les deux sont inséparables, car c'est l'un qui donne
puissance et gloire à l'autre. Le dernier message de Dieu au monde ne
peut pas triompher glorieusement tant que l'Église n'est pas réveillée
de son sommeil et délivrée de son état laodicéen, et vêtue de la robe
de la justice de Christ.
Dix jours avant le jour des expiations, arrivait la fête des
trompettes pour réveiller Israël en vue de se préparer spécialement
pour le jour solennel qui scellait leur destin.
Juste avant la fin du temps de grâce dans le mouvement adventiste, un
message spécial sera envoyé pour réveiller l'Église et qu'elle se
prépare pour la fin du temps de grâce au jour anti-typique des
expiations.
L'apôtre Pierre a décrit un tel message : « Repentez-vous donc et
convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des
temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu'il
envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ. »
(Actes 3.19-20)
La version Weymouth dit : « Repentez-vous donc, et réformez vos vies,
afin que le souvenir de vos péchés puisse être effacé et que puisse
arriver des temps de réveil venant du Seigneur. »
Le prophète Joël a décrit le même message : « Sonnez de la trompette en
Sion! Faites-la retentir sur ma montagne sainte! Que tous les
habitants du pays tremblent! Car le jour de l'Éternel vient, car il
est proche. »
(Joël 2.1)
Les
versets 12 à 32
décrivent davantage le
message et ses résultats. Le peuple pleure sur son état laodicéen et
les pasteurs pleurent « entre le porche et l'autel », criant afin que le
Seigneur fasse grâce à Son peuple comme Moïse le fit dans le désert.
Cette expérience d'examen des coeurs est suivie par l'effusion du
Saint-Esprit, lors de la première et de la dernière pluies sur toute
chair, et de la délivrance finale du reste.
Ce fut près de la fin des pérégrinations d'Israël dans le désert que
les serpents féroces entrèrent dans le camp, alors que « le peuple
était très découragé, à cause du chemin », et commençait à murmurer
contre Moïse et Dieu. La piqûre et le poison des serpents
symbolisaient la piqûre de Satan, le serpent ancien, et le poison du
péché. Des milliers souffraient et mouraient, et le peuple priait pour
la délivrance. Le Seigneur ordonna à Moïse de faire un serpent
d'airain, de le mettre sur un pieu et d'apprendre au peuple que le
poison des serpents pouvait être annihilé seulement par un regard sur
le serpent d'airain. Le peuple doit considérer toutes choses afin de
vivre. Le serpent d'airain symbolisait Christ sur la croix du
Calvaire, crucifié à cause de la piqûre du « serpent ancien ». Il
n'était pas exigé du peuple de faire des oeuvres pour se délivrer des
serpents; il devait seulement regarder et vivre.
Quand le peuple adventiste est découragé parce que la route est longue
et que les ravages du péché sont fréquents parmi nous, un message nous
est envoyé, nous indiquant Christ et le Calvaire comme les seuls
espoirs de victoire. Combien il est réjouissant qu'un tel message soit
maintenant donné, et que des milliers de gens trouvent la délivrance
et la vie par un regard sur le Calvaire. Le remède complet pour guérir
de l'état de Laodicée est de voir Christ à la porte avec l'or de la
foi et de l'amour, la robe blanche de Sa justice et l'onction qui
restaure le discernement spirituel; et puis de l'inviter à entrer pour
purifier le coeur et en prendre possession. Ce message est un autre
signe certain que notre pèlerinage est sur le point de se terminer.
Près des rives du Jourdain, Moïse, après avoir rappelé à Israël que
les nations puissantes, les villes fortifiées et les géants pourraient
être abattus seulement par la foi en Dieu; il avertit Israël de ne
jamais penser qu'ils avaient obtenu leurs victoires, et étaient entrés
dans la terre promise, par leurs propres forces. « Écoute, Israël! Tu
vas aujourd'hui passer le Jourdain, pour te rendre maître de nations
plus grandes et plus puissantes que toi, de villes grandes et
fortifiées jusqu'au ciel, d'un peuple grand et de haute taille, les
enfants d'Anak, que tu connais, et dont tu as entendu dire : Qui pourra
tenir contre les enfants d'Anak?
» Sache aujourd'hui que l'Éternel, ton Dieu, marchera lui-même devant
toi comme un feu dévorant, c'est lui qui les détruira, qui les
humiliera devant toi; et tu les chasseras, tu les feras périr
promptement, comme l'Éternel l'a dit. Lorsque l'Éternel ton Dieu les
chassera devant toi, ne dis pas en ton coeur : C'est à cause de ma
justice que l'Éternel me fait entrer en possession de ce pays. Car
c'est à cause de la méchanceté de ces nations que l'Éternel les chasse
devant toi. Non, ce n'est point à cause de ta justice et de la
droiture de ton coeur que tu entres en possession de leur pays; mais
c'est à cause de la méchanceté de ces nations que l'Éternel, ton Dieu,
les chasse devant toi, et c'est pour confirmer la parole que l'Éternel
a jurée à tes pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob. Sache donc que ce
n'est point à cause de ta justice que l'Éternel, ton Dieu, te donne ce
bon pays pour que tu le possèdes; car tu es un peuple au cou raide. »
(Deutéronome 9.1-6)
C'était un message de victoire et de justice par
la foi en Christ. C'est la leçon qu'ils avaient manquée d'apprendre,
durant les 40 ans dans le désert, et qui était la raison pour laquelle
ils avaient été renvoyés à Kadès-Barnéa. Les deux seules
manifestations de vraie foi, dignes d'être mentionnées dans le grand
chapitre sur la foi, ont eu lieu au début et à la fin de leur voyage.
« C'est par la foi qu'ils traversèrent la Mer Rouge, comme un lieu sec,
tandis que les Égyptiens qui tentèrent de passer furent engloutis.
C'est par la foi que les murailles de Jéricho tombèrent, après qu'on
en eut fait le tour pendant sept jours. »
Hébreux 11.29-30. Durant
ces quarante ans, ils avaient perdu de vu ce qui, par la suite,
pouvait leur apporter la victoire et la justice. Avant qu'ils puissent
entrer en terre promise, il fallait qu'ils apprennent que la victoire
devait s'obtenir non « par la guerre, mais par une stricte obéissance à
Ses Commandements. »
« À la prise de Jéricho, le Seigneur Dieu des armées fut le Général de
l'armée. Il fit le plan de bataille, et réunit les agents célestes et
humains pour jouer un rôle dans l'action, mais aucune main humaine ne
toucha les murs de Jéricho. Dieu arrangea le plan de sorte que l'homme
ne put s'attribuer le mérite de remporter la victoire. Dieu seul
devait être glorifié. Il en sera ainsi dans l'oeuvre dans laquelle
nous sommes engagés. La gloire ne doit pas être attribuée aux agents
humains; le Seigneur seul doit être magnifié. » Testimonies to
Ministers, p. 214.
À cause de la rébellion à Kadès-Barnéa, où Israël perdit de vue
Christ, leur Dirigeant, et Son sacrifice d'expiation sur le Calvaire,
Sa justice et Sa victoire par la foi, le Seigneur refusa de leur
permettre de pratiquer la circoncision, ou de célébrer la Pâque, avant
que leurs errances dans le désert soient terminées. « À la rébellion de
Kadès-Barnéa, ils avaient rejeté Dieu; et Dieu, pour un temps, les
avait rejetés. Puisqu'ils s'étaient montrés infidèles à Son alliance,
ils ne devaient pas recevoir le signe de l'alliance, le droit de la
circoncision. Leur désir de retourner au pays de l'esclavage les avait
montrés indignes de la liberté et le rite de la Pâque, institué pour
commémorer la délivrance de l'esclavage, ne devait pas être observé. »
Patriarches et prophètes, p. 406 (425). Voir aussi
Josué 5.
Romains 4.11-13
dit que la circoncision est le signe et le sceau de
la justice qui vient de la foi. Par la foi seule, ils pouvaient avoir
leurs péchés « retranchés » et se voir imputer la justice de Christ.
« La Pâque commémorait la délivrance d'Israël de l'esclavage égyptien
et était aussi le type du Calvaire, le seul espoir de délivrance du
péché.
L'anti-type est conforme au type. Depuis le rejet du message de la
justification par la foi en 1888, en tant que peuple, nous avons
pratiquement perdu de vue, et réduit au silence, la grande vérité qui
est dans le coeur même et la vie de l'évangile, et qui est divinement
déclarée être : le message du troisième ange, en vérité. » (Cf.
Jésus-Christ notre Justice, p. 80 à 86 et Testimonies to Ministers, p.
92 et 93).
Nous avons aussi, dans une grande mesure, oublié notre délivrance du
monde et l'expérience de notre premier amour. Le message actuel est :
« Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu as abandonné ton premier
amour. Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes
premières oeuvres; sinon, je viendrai à toi, et j'ôterai ton chandelier
de sa place, à moins que tu ne te repentes. »
(Apocalypse 2.4-5)
Durant nos pérégrinations dans le désert, nous avons également perdu
de vue le Calvaire.
« Il y a trop d'affairement et d'agitation concernant notre religion,
tandis que la Croix et le Calvaire sont oubliés. » Testimonies, Vol. 5,
p. 133.
Le message présent de la justification par la foi, et le fait
d'attirer l'attention sur Christ et le Calvaire, sont d'autres signes
que nous sommes à nouveau au bord de la Canaan céleste.
Sur les rives du Jourdain, l'histoire des relations de Dieu avec
Israël, pendant les quarante ans, fut passée en revue et toutes les
instructions données par Moïse, le prophète, furent soigneusement
étudiées. Le Deutéronome est un récit de ce que Moïse dit à Israël,
sur les rives du Jourdain, avant sa mort. Il insista sur leurs
rébellions et leurs apostasies, spécialement sur l'expérience de
Kadès-Barnéa, et leur conseilla de tirer profit de cette erreur. Il
dit clairement pourquoi ils avaient été tenus hors du pays promis si
longtemps. Les choses qui les avaient intrigués avant, devenaient
maintenant évidentes. Se repentant de leurs fautes passées, ils
tournèrent leurs regards, avec un espoir et un courage renouvelés, en
direction de Canaan.
Le temps est arrivé pour le peuple adventiste de passer en revue son
passé, avec soin, et de tirer profit des fautes commises. Nous devons
particulièrement étudier l'expérience de 1888 et apprendre les raisons
de nos errances dans le désert. Les instructions données par l'Esprit
de Prophétie, pour nous guider vers le pays promis, doivent être
passées en revue et appréciées puisque nous approchons de la fin de
notre pèlerinage. Une telle recherche éclaircira beaucoup de
déclarations et d'expériences déconcertantes, et apportera la
conviction précises que nous sommes presque arrivés à la maison. « Nous
n'avons rien à craindre de l'avenir, sauf si nous oublions la façon
dont le Seigneur nous a conduits. » Testimonies to Ministers, p. 31.
Dans Testimonies volume 8, pages 107 à 116, dans le chapitre « La
tendance à l'oubli », nous sommes avertis d'étudier les expériences de
l'ancien Israël en relation avec le mouvement adventiste, afin que
nous puissions tirer profit des erreurs commises.
La plus grande apostasie, dans l'histoire d'Israël, arriva au bord du
Jourdain, juste avant leur entrée dans le pays promis. Ce fut la
dernière tentative de Satan pour les tenir hors de Canaan et ceci a
abouti à un criblage qui a exclu du mouvement tous les rebelles. La
crise de Baal-Peor résulta de rapports et de compromis avec le monde.
Un esprit de mondanité et de licence se répandit dans le camp comme un
poison dans l'organisme. Plusieurs dirigeants furent la proie des
ruses des femmes de Madian. L'immoralité devint si courante que sa
malédiction destructrice fut considérée à la légère.
Quand les dirigeants fidèles ont compris la situation, ils furent
remplis d'indignation et le courroux de Dieu s'enflamma. Les prêtres
et les dirigeants pleurèrent « entre le porche et l'autel », criant à
Dieu pour qu'Il épargne Son peuple qui allait être détruit par un
terrible fléau. Avant que les jugements de Dieu s'arrêtent, 24 000
êtres avaient péri, à cause du fléau, et les dirigeants coupables
furent tués, et leurs corps pendus à la vue de tout Israël. Ceci afin
que l'assemblée, voyant les chefs si sévèrement traités, puisse bien
saisir l'horreur de Dieu envers ses péchés et la terreur de Sa colère
contre elle. « Les Israélites, qui ne pouvaient pas être vaincus par
les armes ou par les enchantements de Madian, devinrent la proie de
ses prostituées. » (Cf. Patriarches et Prophètes, p. 453-461 (433-441)).
Après ce grand criblage, le recensement d'Israël montra que « parmi
eux, il n'y avait aucun des enfants d'Israël dont Moïse et le
sacrificateur Aaron avaient fait le dénombrement dans le désert du
Sinaï. Car l'Éternel avait dit : Ils mourront dans le désert, et il
n'en restera pas un, excepté Caleb, fils de Jephunné, et Josué, fils
de Nun. »
(Nombres 26.64-65)
« Or toutes ces choses leur arrivèrent comme exemples et elles sont
écrites pour notre mise en garde, nous pour qui la fin du monde est
arrivée... Alors que nous approchons de la fin des temps et que le
peuple de Dieu se tient sur les bords de la Canaan céleste, Satan,
comme jadis, redoublera ses efforts pour l'empêcher d'entrer dans le
bon pays. Il tend ses pièges pour chaque âme. Ce ne sont pas
simplement les ignorants et les non cultivés qui ont besoin d'être
protégés. Il préparera ses tentations pour ceux qui sont aux postes
les plus élevés, dans les fonctions les plus saintes. S'il peut les
amener à souiller leur âme, il pourra en détruire beaucoup par leur
intermédiaire. Et il emploie les mêmes agents maintenant qu'il
utilisa, il y a trois mille ans. Par des amitiés mondaines, par les
charmes de la beauté, par la recherche des plaisirs, la gaieté, les
festins ou la boisson, il tente de provoquer la violation du septième
commandement. » Patriarches et Prophètes, p. 457, 458, 437, 438.
Satan, après avoir échoué pour tenir le mouvement adventiste hors de
la Canaan céleste, par des attaques de l'extérieur et l'apostasie de
l'intérieur, fera sa dernière tentative, comme dans l'expérience de
Baal-Peor, en amenant un esprit de mondanité et d'immoralité qui
souillera même certains des dirigeants et des milliers de membres.
Ceci arrivera aux bords mêmes de la Canaan céleste. Quand ceux qui
sont sincères et loyaux réaliseront bien la situation, ils pleureront
« entre le porche et l'autel », criant pour que Dieu épargne Son peuple
d'être gouverné par le monde. Ils « soupireront et crieront » à cause de
toutes les abominations existant « au milieu » de l'église. Le réveil de
la vraie piété rendra manifeste l'aspect terrible de ce péché, de
sorte qu'il sera traité sévèrement, particulièrement pour les
dirigeants. Les instructions de la servante du Seigneur seront suivies
tout comme les décrets de Moïse furent exécutés à Baal-Peor.
« Purifiez le camp de cette corruption morale, si elle touche les
hommes les plus élevés aux postes les plus élevés. Dieu ne veut pas
qu'on se moque de Lui. La fornication est dans nos rangs, je le sais,
car elle m'a été montrée comme se renforçant et répandant ses
souillures... Purifiez le camp, car il y a une chose maudite en lui. »
Testimonies to Ministers, p. 427-428.
« Le temps est venu pour des efforts ardents et puissants, afin de
délivrer l'église de la boue et de la saleté qui ternissent sa
pureté. » Id. p. 450. (Cf. p. 426 à 456 et "Appeal to the Church",
Testimonies, Vol. 2, p. 439 à 489, et Testimonies, Vol. 5, p. 211,
212, 214 "Agents of Satan").
Personne ne peut lire ces descriptions divines de l'Israël moderne
sans avoir la profonde conviction que nous entrons dans notre plus
grande apostasie appelée le « temps du criblage ». Beaucoup de pasteurs
pleurent « entre le porche et l'autel » à cause des ravages de la plaie,
provoquée par la licence, et des « abominations faites au sein de
l'Église », mais il y a des signes pleins d'espoir que le criblage a
commencé.
C'est la prédication du message à Laodicée qui causa les « soupirs et
les cris » concernant nos propres péchés et ceux d'autrui. Il en
résultera le « scellement » de ceux qui accepteront le message de réveil
et le « criblage » de ceux qui le rejetteront, tout cela suivi par la
« pluie de l'arrière-saison et le grand cri ».
« Le groupe qui ne s'attriste pas à cause de son propre déclin
spirituel, et ne se lamente pas à cause des péchés des autres, sera
laissé sans le sceau de Dieu. » « Le sceau de Dieu sera placé sur le
front de ceux seulement qui soupirent et crient à cause des
abominations faites dans le pays. » « Aucun de nous ne recevra jamais le
sceau de Dieu tant que son caractère aura une seule tâche de
souillure. Il nous reste à remédier aux défauts de nos caractères, à
purifier le temple de notre âme de toute souillure. Alors, la pluie de
l'arrière saison tombera sur nous comme la première pluie tomba sur
les disciples le jour de la Pentecôte. » Testimonies, Vol. 5, p. 211,
212, 214.
« Ceux qui répondent sur tous les points, supportent toutes les
épreuves et sont vainqueurs, quel qu'en soit le prix, ont suivi le
conseil du Témoin Fidèle et ils recevront la pluie de l'arrière
saison, et ainsi seront préparés pour la translation. » Testimonies,
Vol. 1, p. 187.
« J'ai demandé la signification du criblage que j'avais vu et il m'a
été montré qu'il serait causé par le témoignage direct apporté par le
conseil du Témoin Fidèle aux laodicéens. Ceci aura son effet sur le
coeur de celui qui le reçoit et le conduira à exprimer la vérité d'une
manière directe. Certains ne supporteront pas ce témoignage juste. Ils
se dresseront contre lui et c'est ce qui causera un criblage parmi le
peuple de Dieu. J'ai vu que le témoignage du Témoin Fidèle n'a même
pas été écouté à moitié. Le témoignage solennel, dont la destinée de
l'église dépend, a été estimé à la légère, sinon entièrement dédaigné.
Ce témoignage doit produire une repentance profonde; tous ceux qui le
recevront vraiment, lui obéiront et seront purifiés. » Premiers écrits,
p. 270. Alors, suit l'image de la pluie de l'arrière saison, et de ses
glorieux résultats, qui soulève la colère de l'ennemi et provoque « la
grande tribulation ».
La persécution finale ne produit pas le réveil de l'église. Au
contraire, c'est le réveil spirituel qui pousse Satan à persécuter le
peuple de Dieu du reste.
« Pourquoi alors, la persécution semble-t-elle, dans une grande mesure,
sommeiller? La seule raison est que l'Église s'est conformée aux
critères du monde et n'a donc manifesté aucune opposition... C'est
seulement à cause de l'esprit de compromis avec le péché, parce que
les grandes vérités de la Parole de Dieu sont considérées avec une
telle indifférence, parce qu'il y a si peu de piété essentielle dans
l'Église, que le christianisme est apparemment si populaire dans le
monde. Qu'il y ait un réveil de la foi et de la puissance de l'Église
primitive, et l'esprit de persécution renaîtra et les feux de la
persécution se ranimeront. » Tragédie des siècles, p. 48.
Bien sûr, la persécution jouera un rôle pour consumer les scories et
perfectionner les saints pour la pluie de l'arrière saison et la
translation. C'est pendant la « grande tribulation » qu'ils lavent leurs
robes et les blanchissent dans le sang de l'Agneau. Il y aura un
mélange de « gloire céleste et une répétition des persécutions du
passé ». (Cf. Testimonies, Vol. 9, p. 16; Premiers écrits, p. 85).
Après que le mouvement de l'Exode traversa le ruisseau Zered, le temps
exigé pour atteindre les rives du Jourdain, le traverser et prendre
possession du pays promis, est plutôt indéfini. Leur marche vers le
Jourdain fut, pourtant, marquée par une série ininterrompue de
victoires. « Ce fut le Capitaine de l'armée du Seigneur qui vainquit
les ennemis de Son peuple; et Il aurait fait de même trente-huit ans
plus tôt, si Israël avait cru en Lui. » Patriarches et prophètes, p.
415.
Tandis que nous ne pouvons pas fixer un temps précis pour le triomphe
final du mouvement adventiste, nous savons bien que la fin est très
proche. Le message de 1888 a continué à agir pendant plusieurs années
avant d'être finalement rejeté, et que le peuple adventiste retourne
au désert. Le Seigneur seul connaît le moment exact, mais Il a promis
un signe pour que nous puissions savoir quand Il est proche et même à
la porte. « Le cri, voici l'époux arrive; sortez pour aller à sa
rencontre », ne doit pas être retardé plus longtemps. Il ne devrait pas
y avoir d'incertitude dans le son de la trompette de l'Évangile qui
doit réveiller le reste de l'Église pour son triomphe final. Comme
cela devrait faire tressaillir nos coeurs de joie de savoir que notre
vie de pèlerin est presque terminée.
« Comme les enfants d'Israël, marchant dans le désert, égayaient leur
cheminement avec la musique de chants sacrés, de même Dieu demande à
Son peuple aujourd'hui d'égayer sa vie de pèlerin. » Education, p. 167.
Sûrement, il est temps pour les pèlerins de l'Adventisme de regarder
en haut et de lever la tête car leur « rédemption approche ». De
réaliser que la fin du voyage est à portée de la main, stimulera notre
marche et remplira nos coeurs d'allégresse. Cette joie, selon le
prophète de l'Évangile, s'exprimera par un chant quand nous
approcherons de la Canaan céleste et y entrerons. « Les rachetés de
l'Éternel retourneront, ils iront à Sion avec des chants de triomphe,
et une joie éternelle couronnera leur tête; l'allégresse et la joie
s'approcheront, la douleur et les gémissements s'enfuiront. »
(Ésaïe 35.10)
Dès qu'Israël a atteint le pays promis, il se mit à célébrer la fête
des Tabernacles pour commémorer sa délivrance de l'esclavage égyptien
et « en mémoire de sa vie de pèlerin dans le désert ». (Cf.
Lévitique 23.34, 39-43;
Patriarches et prophètes, p. 520; Jésus-Christ, p. 441 à 442.
La fête des Tabernacles était l'évènement final de l'année typique et
une fête de grandes réjouissances. C'était une célébration de
l'arrivée au pays, et elle ne fut jamais pratiquée pendant qu'Israël
était en captivité. Elle fut instituée quand ils retournèrent à la
terre natale, en venant d'Égypte, et fut ré-instituée quand ils
revinrent de Babylone.
Une autre raison de la grande joie, à cette occasion, était que cette
fête suivait le jour solennel des expiations qui terminait les
services typiques concernant le péché. Le premier jour du septième
mois commençait le son des trompettes connu comme "le grand appel de
Dieu à la repentance". Il annonçait à tout Israël que le jour du
jugement était proche et, à moins que leurs péchés soient confessés et
pardonnés, ils seraient à jamais retranchés du milieu du peuple de
Dieu. Les dix jours, comprenant le jour des expiations, étaient
appelés « les dix jours de la repentance ». Le temps se passait en
prières et confessions pour se préparer à recevoir le « sceau de la
vie », et pour que leurs noms puissent être inscrits dans le registre
d'Israël. Ils considéraient les dernières heures du jour des
expiations comme « le temps de scellement ».
La fête était, d'une façon prééminente, une occasion de réjouissances.
Elle se produisait juste après le grand jour des expiations, quand
l'assurance avait été donnée que leur iniquité ne devrait plus revenir
en mémoire. En paix avec Dieu, ils venaient alors devant Lui en
reconnaissance pour Sa bonté et Le louer pour Sa miséricorde. Les
travaux de la moisson étant finis, et ceux de l'année nouvelle m'ayant
pas encore commencé, le peuple était libéré de tout souci, et pouvait
se livrer aux influences joyeuses et sacrées du moment. » Patriarches
et prophètes, p. 528.
Il y avait encore une autre raison de se réjouir pendant la fête. La
grande moisson de l'année était engrangée et pour cela, on l'appelait
aussi la « fête des moissons ». Elle correspondait en cela au
« Thanksgiving Day » des États-Unis.
« Au septième mois, arrivait la fête des Tabernacles ou de la moisson.
Cette fête avait lieu en guise de reconnaissance pour la générosité de
Dieu dans les produits du verger, de l'oliveraie et de la vigne.
C'était la suprême fête de la moisson de l'année. La terre avait donné
ses produits, la moisson était engrangée, les fruits, l'huile et le
vin était emmagasinés. Les prémices étaient en réserve et maintenant
le peuple arrivait avec son tribut d'actions de grâces à Dieu qui les
avait ainsi abondamment bénis. » Idem.
Les événements des services annuels, pour la prêtrise lévitique,
étaient des types de tout le plan du salut. Ils préfiguraient la mort
de Christ, comme l'Agneau de Dieu, et Son ministère en tant que
souverain sacrificateur du sanctuaire céleste. Les événements
anti-typiques doivent arriver dans l'ordre exact des événements
typiques.
Les fêtes annuelles se faisaient en deux groupes, l'un au début et
l'autre à la fin de l'année typique, ou à l'époque des moissons du
printemps et de l'automne. Les services typiques commençaient par la
Pâque, le quatorzième jour du mois, suivie par la fête de la gerbe,
prémices qu'on agite, et suivie par les semaines de la moisson quand
la première moisson de l'année était récoltée. La Pentecôte était une
fête d'actions de grâces après la récolte de la première moisson.
Les quelques mois suivants de l'année étaient la saison sèche et l'on
ne récoltait que peu de produits. La grande moisson avait lieu à
l'automne et, en liaison avec elle, arrivait le deuxième groupe
d'événements typiques, -- la fête des Trompettes, les dix jours de la
repentance, le jour des expiations et la fête des Tabernacles. La
dernière était une fête d'actions de grâces qui suivait l'engrangement
de la moisson d'automne, de même que la Pentecôte célébrait
l'engrangement de la moisson du printemps. Avant la récolte, les
prémices étaient mis de côté et consacrés aux service s du sanctuaire.
(Cf. Deutéronome 26.1-11;
Lévitique 23.10, 34, 39;
Patriarches et prophètes, p. 528.
Les deux groupes de types rencontrent leurs anti-types dans les deux
groupes d'événements, reliés aux deux grandes moissons de l'Évangile,
au début et à la fin du ministère de Christ en tant que Prêtre du
sanctuaire céleste. Les services anti-typiques ont débuté, avec le
Calvaire, quand Christ fut sacrifié comme l'Agneau Pascal. Puis,
suivit la résurrection de Christ, le « témoin fidèle, le premier-né des
morts, et le prince des rois de la terre! »
(Apocalypse 1.5), et la
mise à part et la consécration des douze apôtres en tant que gerbes
prémices de la première moisson de l'Évangile. Les douze apôtres
furent donc mis à part pour un ministère spécial par l'expérience de
la chambre haute et le baptême du Saint-Esprit le jour de la
Pentecôte.
Le déversement, à la Pentecôte, de la première pluie de puissance et
de bénédictions spirituelles a produit une moisson abondante d'âmes
qui, selon l'historien Gibbon, s'éleva à plus de cinq millions vers la
fin du premier siècle. L'église chrétienne continua ses conquêtes,
durant les persécutions de Rome des deuxième et troisième siècles,
jusqu'à ce qu'elle supplante le paganisme comme religion d'empire.
Puis, vint la grande apostasie qui amena la sécheresse spirituelle du
Moyen Age où il fut seulement possible de glaner quelques fruits de
l'Évangile. Pendant « l'époque de ténèbres », les Deux Témoins ont dû
prophétiser « revêtus de sacs ».
Le jour anti-typique des expiations, ou du jugement, commença à la fin
des 2300 ans de la prophétie de Daniel et fut annoncé au monde par le
grand message de la seconde venue, qui fut proclamé par des
avertissements retentissant comme des trompettes, pendant les dix
jours précédant 1844. Le son des trompettes aura une autre explication
dans le grand appel de Dieu à la repentance qui réveille l'église de
Laodicée, juste avant la fin du temps de grâce. (Cf.
Ésaïe 52.1, 2;
58.1;
Joël 2.1, 12-32).
« Comme résultat d'une expérience semblable à celle de la chambre haute,
le reste du peuple de Dieu est scellé car le royaume est réservé aux
enfants de Dieu éprouvés, tentés et fidèles. Le reste méprisé est
revêtu d'habits glorieux, ne devant plus jamais être souillés par la
corruption du monde. Leurs noms sont gardés dans le livre de vie de
l'Agneau, inscrits parmi les fidèles de tous les temps. » Prophètes et
rois, p. 447. Quand le peuple de Dieu aura remédié à tous ses défauts
de caractère et que le temple de l'âme sera purifié de toute
souillure, de sorte qu'il sera sans tâche ni opprobre, « alors la pluie
de l'arrière-saison descendra sur lui comme la première pluie
descendit sur les disciples le jour de la Pentecôte. » Testimonies,
Vol. 5, p. 124.
Nous savons que la pluie de l'arrière-saison sera accordée « sans
mesure » et qu'elle sera beaucoup plus abondante que la première pluie.
Le Grand Cri appelle le reste du peuple de Dieu à sortir de Babylone
et ainsi récolte la moisson finale de l'Évangile, « un firmament
d'élus », « une grande multitude que l'on ne peut dénombrer de toutes
nations, tribus, peuples et langues ». (Cf.
Apocalypse 7.9-17;
14.6-14;
18.1-5;
La Tragédie des Siècles, p. 421;
Prophètes et Rois, p. 141, 142, 289 à 291.
L'Apocalypse décrit les rachetés, dans la Canaan céleste, « revêtus de
robes blanches et avec des palmes à la main », célébrant la fête
anti-typique des Tabernacles. C'est la grande fête du retour chez soi
après leur délivrance de l'esclavage du péché et du pèlerinage
terrestre. Leurs péchés ont été effacés des livres de souvenirs et
leurs noms retenus dans le livre de vie. L'univers entier s'unit dans
la célébration de la fête d'actions de grâces la plus grandiose de
tous les temps.
« La fête des Tabernacles, non seulement, mémorisait la délivrance,
mais était un type. Elle ne rappelait pas seulement le séjour dans le
désert, mais, comme fête de la moisson, célébrait aussi celle de la
récolte des fruits de la terre et annonçait le grand jour de la
moisson finale, quand le Seigneur de la moisson enverra ses
moissonneurs en avant pour rassembler l'ivraie en bottes pour le feu
et pour stocker le blé dans son grenier... Et toutes les voix, dans
l'univers entier, s'uniront pour louer Dieu joyeusement. Le peuple
d'Israël louait Dieu à la fête des Tabernacles en se souvenant de Sa
miséricorde dans leur délivrance de l'esclavage d'Égypte, et aussi de
Sa tendre sollicitude à leur égard pendant leur vie de pèlerins au
désert. Ils se réjouissaient aussi, étant conscients du pardon et de
l'acceptation, par les cérémonies du jour des expiations, justes
terminées. Mais, quand les rachetés du Seigneur auront été réunis en
sécurité dans la Canaan céleste, ils se réjouiront d'une joie
indicible et glorieuse. La grande oeuvre d'expiation de Christ pour
les hommes aura alors été achevée, et leurs péchés auront été à jamais
effacés. » Patriarches et prophètes, p. 541, 542.
La grande fête commence par la procession triomphale, ou le défilé
victorieux, quand Christ conduit les rachetés en douze nations par les
portes de perles de la cité céleste. Les rues en or seront bordées de
visiteurs, venant des mondes non-déchus, pour accueillir à la maison
les invités de la grande lutte avec le puissant Lucifer de jadis ainsi
qu'avec ses armées. Le Capitaine conquérant de l'armée du Seigneur
conduit les nations des sauvés jusqu'au trône et les présente au Père
« avec une joie immense ». Puis, a lieu le mariage et le banquet des
noces de l'Agneau. Le grand temple du Mont Sion sera sans doute
consacré durant cette célébration, tout comme le fut le temple de
Salomon pendant la fête typique des Tabernacles. Prophètes et Rois, p.
25 et 26.
À cette consécration, les 144 000 joueront sûrement un rôle important
car, « préparés pour un service saint » comme « les plus élevés de
l'armée des rachetés qui se tient devant le trône de Dieu et de
l'Agneau », ils devront servir comme officiels dans le gouvernement du
royaume céleste. (Cf.
Apocalypse 3.21;
14.1-5;
Conquérants Pacifiques, p. 527;
Testimonies , Vol. 5, p. 215;
Premiers Ecrits, p. 19).
À cause de leur expérience dans le désert laodicéen du péché et de
leur victoire complète grâce à Christ, qui amena la réception du sceau
de l'approbation de Dieu et l'effusion de la pluie de
l'arrière-saison, et à cause de leur foi et de leur fidélité pendant
le temps de trouble de Jacob, les 144 000 saints transmués seront
particulièrement heureux de célébrer le culte d'actions de grâces pour
l'entrée en terre promise, et ils dirigeront le chant du cantique de
Moïse et de l'Agneau.
C'était la joyeuse anticipation de cette grande célébration où les
rachetés seront rassemblés dans la Canaan céleste, et cela produira la
triple doxologie
d'Apocalypse 5.
Commençant par le cantique des
chérubins et des vingt-quatre vieillards, autour du trône de Jéhovah,
et puis les innombrables armées angéliques avec leur chant de louange
en l'honneur de l'Agneau, choeur de louanges à Dieu et à l'Agneau, et
de « la robe immaculée de la justice de Christ », auquel toute créature
dans l'univers participera. Le cantique du Calvaire résonnera à
travers toute la création avec une signification de plus en plus
grande, et un enthousiasme également toujours plus grand, qui ne
vieilliront et ne mourront jamais, jamais, tandis que les siècles de
l'éternité se dérouleront sans fin.